L'information en ligne

23 juin 2018

COMPTES OFFSHORES, CORRUPTION, NÉPOTISME: LA ROUTINE FATIGANTE DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE

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Pour l'historien John Laughland, le scandale lié à l'ancien patron de la CPI met à nu la faiblesse structurelle de cette instance internationale et risque de porter un coup fatal à l'idée même de juridiction universelle.

Certains médias mainstream se délectent des révélations sur les Paradise Papers publiées par le Consortium international des journalistes d'investigation. Malgré son nom, il s'agit en réalité d'un groupe de pression financé, entre autres, par George Soros, qui poursuit des buts ouvertement politiques en assurant la promotion de thèmes chers aux révolutionnaires colorés, comme «la corruption» ou «la responsabilité politique». En revanche, les révélations publiées par un autre consortium de journalistes d'investigation – des vrais, créé à l'initiative de Der Spiegel, l'hebdomadaire allemand de référence – passent largement inaperçues, à quelques exceptions honorables. 

Ce silence s'explique sans doute par le fait que ces révélations lèvent le voile sur la corruption et les abus de pouvoir commis par la Cour pénale internationale (CPI), l'instance supranationale créée en 2002 sous l'impulsion, entre autres, du World Federalist Movement (Mouvement fédéraliste mondial). Si les grands médias s'intéressent peu aux dizaines de milliers de courriels auxquels ce consortium a eu accès, c'est parce que les révélations montrent combien cette instance supranationale, que Soros & Cie ont toujours soutenue, est en réalité un violeur en série des principes juridiques les plus élémentaires.

Libye : CNN filme une enchère aux migrants, vendus comme esclaves pour 400 dollars (VIDEO CHOC)

"Les documents montrent aussi comment Luis Moreno Ocampo a collaboré intensivement avec les gouvernements britannique et français pendant la guerre contre la Libye que ces deux pays avaient initiée "

 

Le consortium prend pour cible principale le premier procureur de la CPI, l'argentin Luis Moreno Ocampo.  Il est accusé d'avoir poursuivi «une politique criminelle», d'être coupable de corruption, tandis que son successeur, l'actuel procureur, Fatou Bensouda, aurait été son proche collaborateur et aurait menti sur leurs actions communes. Pour ne donner qu'un exemple, Luis Moreno Ocampo aurait encaissé 750 000 dollars en échange d'informations qui ont permis à une riche personnalité libyenne d'échapper aux accusations de crimes de guerre que préparait la CPI. Luis Moreno Ocampo aurait même un réseau de comptes offshore pour gérer – ou pour cacher – ses revenus.

Les documents montrent aussi comment Luis Moreno Ocampo a collaboré intensivement avec les gouvernements britannique et français pendant la guerre contre la Libye que ces deux pays avaient initiée. En effet, comme je l'ai moi-même souligné, Luis Moreno Ocampo s'est empressé à donner son plein soutien aux opérations militaires de l'OTAN, publiant son acte d'accusation à peine quelques semaines après le début du bombardement de la Libye et recevant peu après, tel un chef d'Etat, le dirigeant de l'opposition libyenne d'alors. Avec ces gestes, Luis Moreno Ocampo cautionnait le vrai but de la guerre contre la Libye, le changement de régime, un objectif qui ne sera avoué qu'à la fin des combats car il n'avait pas été légitimé par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il a ainsi totalement négligé son devoir de neutralité et, par ses actes, il a soutenu une opération militaire dont les buts étaient illégaux du point de vue du droit international dont il était censé défendre le respect.

 

Angelina Jolie, appât parfait pour un criminel ougandais selon la Cour pénale internationale

 

"Luis Moreno Ocampo n'avait strictement aucun droit d'encourager quoi que ce soit en Côte d'Ivoire, et surtout pas l'incarcération d'un homme qui n'était accusé d'aucun crime " 

 

 

 

 

 

Luis Moreno Ocampo n'était pas obsédé seulement par l'argent : il est devenu fasciné par Angelina Jolie, la star américaine qui, elle aussi, milite pour l'interventionnisme tous azimuts. C'est à elle que Luis Moreno Ocampo va demander son opinion en 2012 alors qu'il devait décider si oui ou non, il devait ouvrir une enquête sur Israël [Je vous laisse deviner la réponse de l'actrice]. Il a même essayé de l'utiliser  comme appât pour mettre la main sur le milicien ougandais, Joseph Kony, pour le compte des Américains : elle devait l'inviter à un dîner où il aurait été arrêté, sans doute pendant l'apéro.

Mais la révélation qui fait le plus froid dans le dos concerne l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo. Un courriel obtenu par le consortium daté le 11 avril 2011, montre comment Luis Moreno Ocampo a fait pression sur le gouvernement de la Côte d'Ivoire, par l'intermédiaire du gouvernement français dont les troupes venaient de renverser Laurent Gbagbo à Abidjan, pour le garder prisonnier. «Le procureur souhaite qu'Alassane Ouattara [le nouveau président] ne relâche pas Laurent Gbagbo», pour citer l'auteur du courriel, le fonctionnaire au Quai d'Orsay Stéphane Gomertz. Or, à cette époque, le procureur n'avait ouvert aucune instruction contre Laurent Gbagbo et il n'avait été saisi par aucune instance compétente pour le faire. Laurent Gbagbo était innocent aux yeux de son bureau. Luis Moreno Ocampo n'avait donc strictement aucun droit d'encourager quoi que ce soit en Côte d'Ivoire, et surtout pas l'incarcération d'un homme qui n'était accusé d'aucun crime. Son initiative relève de la plus pure politicisation de la justice, comme au bon vieux temps de Staline. 

"L'impossibilité de garder les gardiens – car qui garderait ceux qui les gardent ? – montre la futilité absolue de cette tentative de soumettre le monde entier à une juridiction universelle"

Nous pourrions nous attarder très longtemps sur les turpitudes de cet homme vaniteux et mégalomane mais cela risquerait de détourner l'attention de l'essentiel. Le cas de Luis Moreno Ocampo montre la faiblesse structurelle de ce tribunal, faiblesse sur laquelle que je ne cesse d'insister depuis des années. Elle est structurelle parce qu'une instance qui accorde l'immunité légale à ses propres fonctionnaires, mais qui la refuse aux chefs d'Etat qu'elle inculpe, ne peut pas ne pas tomber dans le piège de la plus vieille énigme de la philosophie politique: qui gardera les gardiens ?  L'impossibilité de garder les gardiens – car qui garderait ceux qui les gardent ? – montre la futilité absolue de cette tentative de soumettre le monde entier à une juridiction universelle.

Coquille vide ? Des Etats africains envisagent de se retirer «en masse» de la CPI

Plusieurs pays membres de la Cour pénale internationale, notamment en Afrique, ont commencé à en tirer les conséquences. Voici quinze jours, fin octobre, le Burundi a dénoncé le traité de Rome instaurant la CPI. Ce pays n'est donc plus membre de la Cour et n'est donc plus soumis à sa juridiction. Animé visiblement par un pur esprit de vengeance, le bureau du procureur a immédiatement riposté en ouvrant une enquête sur des crimes qui auraient été commis par des ressortissants burundais à l'extérieur du pays, entre 2015 et 2017, pendant que le pays était encore sous la juridiction de la Cour. Décidément, Fatou Bensouda, qui a succédé à Louis Moreno Ocampo, ne craint pas le ridicule car la CPI a été créée pour juger essentiellement des crimes de guerre. Or, le Burundi est en paix depuis 2006. 

L'Afrique du Sud a annoncé son intention de suivre l'exemple du Burundi alors qu'en février dernier, l'Union africaine toute entière avait adopté «une stratégie de retrait collectif» de la CPI. Le «Burexit» va-t-il entraîner l'effondrement de cette CPI dont le budget s'élève à 145 millions d'euros par an et qui a déjà coûté plus d'un milliard de dollars ?  Au nom de la justice, il faut l'espérer. Que la Cour pénale internationale, une instance qui s'inscrit dans la droite ligne d'autres tribunaux bidons comme celui pour l'ex-Yougoslavie qui a commis exactement le même type d'abus, connaisse le même sort que la Chambre étoilée, de funeste mémoire, en Angleterre.

Du même auteur : L'Occident serait-il plus séduit par les idées de Lénine que les Russes il y a 100 ans ?

 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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22 juin 2018

Contre les pressions occidentales, la Russie peut-elle soutenir le pouvoir de Kinshasa ?

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L’internationalisation de la crise politique en République démocratique du Congo, à la suite notamment de la conclusion de l’Accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa, ouvre davantage l’espace congolais à des jeux de puissances. Un peu plus d’un quart de siècle après la fin de la Guerre froide et la victoire du complexe bloc occidental, l’espace congolais fait l’objet de la projection de la puissance de moult acteurs étatiques majeurs de la vie internationale.

Le rapprochement aux conséquences fâcheuses avec la « taciturne » Chine n’ayant pas produit d’effets escomptés notamment sur le plan sécuritaire, le pouvoir de Kinshasa reste butté à d’intenses pressions occidentales. Pour l’heure, c’est officiellement sur fond de la problématique de la non tenue de l’élection présidentielle en 2016.

Au-delà du « ping-pong » entre la Majorité présidentielle et l’opposition politique au sujet de la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016, au-delà de la controverse en cours sur la volonté politique et la possibilité technique de la tenue de la présidentielle en décembre 2018, au-delà de la polémique sur la possibilité constitutionnelle d’un nouveau mandat pour le Président sortant, etc., la filière scientifique des Relations internationales, à laquelle je m’identifie, m’astreint à réfléchir sur le rôle qu’en ce temps qui court, la Russie de Poutine peut s’attribuer en RDC, un incontestable enjeu international. Le contexte politico-sécuritaire en cours en RDC constitue-t-il une opportunité pour la Russie de se positionner dans les rivalités de pouvoirs et d’influences dans ce dernier pays ? Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur la vie politique nationale ?

La Russie, qui s’évertue – en dépit des difficultés économiques – à affirmer énergiquement sa puissance à travers une posture diplomatico-stratégique généralement contraire au camp occidental, peut chercher à agir non moins manifestement en RDC dans la perspective de relever le défi d’intégrer l’Afrique dans son champ d’action. Ce d’autant plus qu’à la suite de l’attitude quelque peu distante que l’Administration Trump semble afficher politiquement à l’égard du continent africain en général et du territoire congolais en particulier, le champ congolais reste plus ouvert aux puissances européennes militant pour leur meilleur repositionnement sur cette aire. Ceci implique le contrôle de l’initiative politique à Kinshasa et le concours des « Africains » exerçant ou ayant exercé de l’influence sur la RDC.

Dès lors, il y a lieu d’envisager que la Russie de Vladimir Poutine soit pleinement disposée à apporter à son homologue congolais le soutien dont ce dernier pourrait avoir besoin pour autant que ceci constituerait une brèche pour placer la Russie au cœur de l’Afrique. Ce après les échecs de l’ex-URSS à ce propos. La clarté des positions diplomatiques de Moscou et, partant, sa détermination à assumer ses options stratégiques sur les espaces où il se déploie à l’instar de la Syrie, peuvent constituer une garantie de la défense du pouvoir de Kinshasa contre les pressions occidentales.

Généralement, la rhétorique diplomatique de Moscou repose sur l’obligation internationale de respecter la souveraineté des Etats tel qu’il ressort de la Charte de l’ONU. C’est à ce titre que, lors des débats ayant précédé le vote de la Résolution 2409 sur la situation en RDC, il avait mis en garde, au sujet des élections dans ce dernier pays, les puissances occidentales contre toutes violations de la souveraineté de ce pivot géostratégique en Afrique. Cette stratégie discursive ne saurait laisser longtemps Kinshasa dans l’indifférence face à une hétéroclite opposition politique soutenue par des instances occidentales, notamment européennes réputées pour leur critique non sans intérêt.

Reste à savoir jusqu’où Moscou pourrait offrir ses services sécuritaires à Kinshasa, et les conséquences de la construction de l’axe Moscou-Kinshasa la stabilisation de l’espace congolais. Le strabisme politique dont souffre la clase politique congolaise ne rassure pas – encore – quant à un avenir durablement apaisé. D’autant plus que la complexité de la réalité politique congolaise porte – toujours – atteinte à l’effectivité de l’indépendance de l’Etat congolais. Le jeu de politique interne reste ainsi moins déterminé par l’engagement des hommes politiques à œuvrer véritablement pour le bien-être de la population congolaise que par leur niveau de manipulation au profit des tierces parties.

Pour la RDC, le défi majeur reste ainsi de maîtriser et d’exercer fermement et efficacement l’initiative politique pour l’amélioration des conditions sociales des populations et le développement de l’Afrique.

04 mars 2018

Martin ZIAKWAU L.

Internationaliste

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20 juin 2018

LA RUSSIE AIDERA LES COMPAGNIES ÉTRANGÈRES A CONTOURNER LES SANCTIONS

 

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Les autorités russes ont trouvé un moyen de permettre aux entreprises étrangères de contourner les sanctions tout en les protégeant des changements législatifs.

Une entreprise étrangère peut-elle contourner les sanctions et lancer, en Russie, la production de produits interdits à l’importation depuis les pays étrangers ? Désormais, la réponse est oui. Le nouveau type de contrat correspondant – Contrat d’investissement spécial (SPIK) – a été élaboré à la mi-2015. Il a été testé par plusieurs entreprises russes dans les régions, mais les entreprises étrangères en ont également fait la demande.

Le fabricant automobile Mazda Sollers est le premier investisseur étranger qui signera un SPIK. La compagnie lancera une usine de moteurs à Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, avec une capacité de 50 000 unités par an. Les investissements s’élèveront à 27,5 millions d’euros (2 milliards de roubles). Leur deuxième projet porte sur l’assemblage de nouveaux modèles de voitures. Le contrat s’étendra jusqu’en 2023.

Le fabricant allemand de machines agricoles Claas est le deuxième sur la liste des prétendants au contrat. Les investissements sont estimés à 10 millions d’euros (800 millions de roubles) sur dix ans. Pour le moment, la compagnie est au stade des négociations sur les garanties et les préférences dont elle souhaite bénéficier.

Le Fonds de développement de l’industrie (opérateur de la signature des SPIK) nous a expliqué que plus de 100 autres demandes étaient en cours d’étude. Il s’agit, notamment, de la compagnie tchèque Kokosvit qui souhaite lancer la production de machines-outils pour le travail des métaux dans l’oblast de Rostov, ainsi que de la compagnie Volkswagen et du fabricant de machines-outils DMG MORI.

Sur quoi portent les garanties du contrat ?

Le contrat a été créé pour ceux qui souhaitent lancer en Russie des productions industrielles n’ayant pas d’équivalents ou relevant des domaines prioritaires. Chaque contrat est individualisé. Ainsi, il offre la possibilité de créer les conditions exclusives dont la compagnie a besoin pour réaliser son projet. Plus le niveau de localisation est élevé, plus l’investisseur peut prétendre à des conditions préférentielles.

 

INFOGRAPHIE Commerce extérieur de la Russie

Cependant, il ne s’agit pas de subventions publiques ni d’autres formes de soutien financier budgétaire. Les incitations portent sur des réductions d’impôt, des tarifs préférentiels de location et d’autres préférences inscrites dans la loi. Le plus important est que l’Etat garantit que les conditions inscrites dans le contrat resteront inchangées pendant toute sa durée.« L’investisseur obtient une immunité contre le changement unilatéral des conditions de l’acte, mais également contre les changements législatifs. Par exemple, il ne sera pas soumis à de nouveaux impôts éventuels », explique Nikolaï Patskov, fondateur de FreshDoc.ru, constructeur de documents. C’est un point extrêmement important pour les projets à long terme et, jusqu’ici, l’absence de telles garanties freinait de nombreux entrepreneurs étrangers.

Le SPIK ne s’adresse pas à tout le monde

Cependant, le nouveau type de contrat ne permettra pas toujours de contourner les sanctions. Le Fonds de développement de l’industrie souligne que le SPIK ne peut être signé qu’avec les représentants de certains secteurs : constructions mécaniques, machines-outils et instruments, métallurgie, chimie, industrie pharmaceutique, biotechnologies, médecine, industrie légère, industrie forestière, cellulose, papier et transformation du bois, électronique, aviation, construction navale, industrie des communications, radio-électronique.

Ainsi, les entreprises étrangères qui ont cessé d’exporter des biens et des technologies à double usage en Russie à cause des sanctions pourront contourner l’interdiction, alors que les fabricants de biens alimentaires ne le pourront pas. Les conditions préférentielles ne s’appliquent pas à l’industrie alimentaire, ni aux industries minières, surtout le pétrole et le gaz.

Expérience mondiale

Projet spécial : Cap sur le marché russe Les concepteurs de cet outil, nouveau pour la Russie, citent l’expérience réussie de la Hongrie et de la Chine.

En Hongrie, le principal objectif de ce contrat était d’augmenter le taux d’emploi médian et le taux de création d’entreprises commerciales dans les régions à fort taux de chômage. En contrepartie, l’Etat propose un plan individuel d’imposition avec d’importants allègements. Cela a permis à la Hongrie de se classer première parmi les pays d’Europe centrale et orientale en volume d’investissements étrangers par tête d’habitant.

En Chine, cet instrument a permis de stimuler les exportations. L’Etat propose des incitations fiscales et des conditions préférentielles de crédit. En outre, les entreprises sont exemptées de subventions pour leurs employés et ouvriers. Ces préférences ont rencontré un tel succès auprès des entrepreneurs que le montant des investissements a été multiplié par 10 en sept ans (de 1991 à 1998) pour passer de $4,4 milliards à $45,5 milliards.

Anna Koutchma

Photo: Vladivostok, Russie, 16 février 2015. Assemblage d’une Mazda 6 à l’usine Mazda Sollers. Crédit : Yuri Smityuk/TASS  

source:http://fr.rbth.com/economie/2016/05/11/la-russie-aidera-les-compagnies-etrangeres-a-contourner-les-sanctions_592053

 

 

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12 juin 2018

POUR QUI VEUT COMPRENDRE LE COMBAT INTERNE AUQUEL ÉTAIT CONFRONTÉ OBAMA

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SYNOPSIS EPISODE 2

En 2010, la défaite cinglante aux élections de mi-mandat font l'effet d'une douche froide et l'entourage du président vole en éclat. Mais Ben Laden est localisé par ses services. Dans le plus grand secret, Obama met au point l'opération qui mènera à son exécution. La nuit précédente, il livre un one-man-show saisissant lors d'un gala pour les journalistes de Washington qui ne peuvent pas imaginer ce qui se trame en coulisses.

 

Au coeur de la Maison Blanche, Barack Obama : episode 2 - Documentaire - Télé-Loisirs

Retrouvez Au coeur de la Maison Blanche, Barack Obama: . tout savoir sur Au coeur de la Maison Blanche, Barack Obama avec télé-loisirs : news, diffusions, photos, casting...

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POUR QUI VEUT COMPRENDRE LE COMBAT INTERNE AUQUEL ÉTAIT CONFRONTÉ OBAMA

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SYNOPSIS

Les principaux conseillers de Barack Obama, son premier cercle, racontent les batailles menées, souvent perdues, et dressent un bilan des deux premières années du mandat plutôt controversé du président. Dès son arrivée à la Maison Blanche, il veut fermer Guantanamo, résoudre le conflit israélo-palestinien, pacifier la situation en Afghanistan, relancer l'économie et fournir une assurance santé aux plus démunis. Il n'a réussi que la dernière mesure.

 

Au coeur de la Maison Blanche, Barack Obama : episode 1 - Documentaire - Télé-Loisirs

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LE CONGOLAIS, ACQUITTÉ PAR LE CPI, POURRAIT ÊTRE LIBRE MARDI

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Les avocats du Congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté à la surprise générale de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, plaideront mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour sa libération immédiate après près d'une décennie passée en prison.

La chambre d'appel de la CPI a considéré que la responsabilité de M. Bemba dans les atrocités perpétrées par sa milice en République centrafricaine n'avait pas été prouvée, mais n'a pas ordonné sa libération en prononçant l'acquittement vendredi.

M. Bemba "aurait dû être libéré immédiatement", a aussitôt fustigé devant les journalistes Peter Haynes, avocat de l'ancien chef de guerre.

>> Lire aussi : La justice internationale s'est "auto-sabordée" en acquittant le Congolais Bemba

Le problème aux yeux des juges était la condamnation de M. Bemba dans une affaire annexe en mars 2017 à un an de prison et 300.000 euros d'amende pour subornation de témoins dans le cadre de son principal procès. Un nouveau jugement a été ordonné en appel.

L'audience de mardi, qualifiée d'urgente, a donc été ajoutée à l'ordre du jour de la Cour qui siège à La Haye pour discuter du maintien en détention du Congolais, qui pourrait bien être relâché après avoir été détenu pendant près d'une décennie.

Libération "fort probable"

Les experts en droit international s'accordent à dire qu'il est "fort probable" que l'ancien vice-président congolais âgé de 55 ans soit un homme libre avant la tombée de la nuit, en route pour la Belgique où se trouve sa famille.

Jean-Pierre Bemba avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison, la peine la plus lourde jamais imposée par la CPI, pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003.

>> Lire aussi : Le maintien en détention de Bemba en examen le 12 juin 2018 à la CPI

La chambre d'appel a estimé que M. Bemba, qui n'était pas lui-même présent en Centrafrique lors des faits, n'aurait pas pu contrôler à distance les agissements de sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC).

A la suite de l'acquittement, la CPI avait sans doute besoin de quelques jours pour discuter de l'organisation de la mise en liberté de M. Bemba, indique Thijs Bouwknegt, juriste en droit international spécialisé dans les pays africains.

Mais leur décision est prise, et la libération du Congolais quasiment actée, poursuit-il.

Historique

"C'est une simple opération mathématique: la peine maximale encourue par Bemba dans l'affaire annexe d'atteintes à l'administration de la justice est de cinq ans, soit une durée bien plus faible que le temps déjà passé en détention", explique M. Bouwknegt.

"Sa libération serait donc plus que logique", affirme le juriste, dont le constat est partagé par Stephen Rapp, ex-ambassadeur itinérant pour les Etats-Unis chargé des crimes de guerre.

"Je serais très surpris qu'il ne soit pas immédiatement libéré", a confié M. Rapp à l'AFP.

"M. Bemba a déjà passé près d'une décennie en détention. Il est inconcevable que l'affaire de subornation de témoins aboutisse à une peine supérieure à cette période", poursuit-il.

Le procès du Congolais, qui s'est ouvert à La Haye en novembre 2010, était le premier de la CPI mettant en avant la responsabilité d'un commandant militaire quant à la conduite des troupes sous son contrôle.

A la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003), M. Bemba est devenu vice-président dans le cadre d'une transition politique dirigée par Joseph Kabila, qui a accédé à la tête de l'État à la mort de son père en 2001.

Battu par M. Kabila à l'élection présidentielle de 2006 après un entre-deux-tours émaillé de violences, il est élu sénateur.

L'acquittement de M. Bemba, enfant chéri de Kinshasa, où il avait obtenu 70% des suffrages, intervient dans un contexte de tension croissante à l'approche de l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Avec AFP

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10 juin 2018

SCANDALE: LA DGSE ACCUSE OUATTARA DE TRANSFERTS ILLICITES DE FONDS, DE BLANCHIMENT D’ARGENT, ET DE DÉTOURNEMENT DE PLUSIEURS MIL

La DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) française accuse Ouattara de transferts illicites de fonds, de blanchiment d’argent, et de détournement de plusieurs milliards de FCFA des PPTE…

 

 juin 9, 2018 9:47 

 

La DGSE est un service de l’État, placé sous l’autorité du pouvoir exécutif, qui opère dans un cadre juridique et déontologique très strict.

Alassane Ouattara et le Roi du Maroc Mohamed VI, lors de la visite d’État de ce dernier en Côte d’Ivoire.
188,5 milliards de francs cfa remboursés au gouvernement ivoirien dans le cadre de l’initiative ppte ont atterrit sur le compte suisse du gendre d’Alassane Ouattara en février 2014 après avoir transité par un circuit opaque. L’antenne marocaine de la DGSE qui soupçonne le chef de l’Etat ivoirien lui-même a également démontré des relations d’affaires pas toujours propres entre le chef de l’état ivoirien et son homologue royal. Des documents ultra confidentiels mettent également en lumière le fait que c’est sous l’administration Gbagbo que le trésor public ivoirien a viré quelque 5,2 milliards dans un compte HSBC Bank Genève logé à Paris Opéra pour assurer le payement de factures pour des marchés fictifs d’infrastructures urbaines.
Alassane OUATTARA, avec Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc
Alors qu’il n’était même pas encore président de la ré- publique et n’avait aucune responsabilité au niveau de l’état, Alassane Dramane Ouattara avait réussi, en 2006, déjà, à faire virer sur le compte parisien du trésor public ivoirien logé dans la succursale française de la banque suisse HSBC Private Bank Genève située dans la rue Paris-Opéra sous le numéro 300568900000012395678, quelque 7,9 millions d’euros, soit 5,2 milliards, grâce à l’entregent du directeur général du trésor public de l’époque qui n’était autre que Charles Koffi Diby lui-même et dont on imagine amplement la re conduction dans les mêmes fonctions lorsque Ouattara arriva au pouvoir en 2011, dans des conditions que j’épargne au lecteur.

En tout cas, c’est ce que disent les derniers documents de la DGSE dont le journal « Aujourd’hui » a obtenu copie. Sur l’échelle du scandale, ce n’est d’ailleurs pas la plus grande révélation de ce document qui montre également que 188,5 milliards de francs, soit 2,9 milliards d’euros, représentant les crédits remboursés au gouverne- ment ivoirien par le gouvernement français, dans le cadre du contrat désendettement développement (C2D) qui fait lui-même suite à l’obtention de l’initiative (p.p.t.e), et sont destinés aux financements de divers projets, ont suivi un circuit opaque pour se retrouver sur le compte de Benedict Senger gendre du président ivoirien réfugié derrière le code BUA. Ce compte est répertorié sous un numéro identique à celui du secrétaire particulier du roi du Maroc Mohammed VI avec qui Alassane Ouattara entretient un réseau d’affaires depuis qu’il était dans l’opposition.

C’est d’ailleurs au nom de ce lien relativement ancien que le ministre de l’économie de Laurent Gbagbo a financé des factures fictives endossées par le roi. Ces sommes n’ont pas été encaissées par le roi lui-même, puisque selon son entourage, Mohammed VI a accepté cette magouille pour venir en aide à la famille Ouattara qui avait besoin de cet argent. « Le chef d’antenne, au cours de ses recherches, a procédé à des manipulations qui lui ont permis d’atteindre l’entourage M. El-Majidi discrètement interrogé au sujet du compte suisse du roi, en souhaitant savoir s’il était toujours actif. Son entourage, notamment son secrétaire particulier avec lequel, le chef est en bonne intelligence a, en effet, confirmé [l’ensemble de ces renseignements, qui] relèvent du plus strict secret bancaire et de la vie privée de Sa Majesté le roi, dès lors qu’il s’agit d’éléments relevant de la sphère patrimoniale privée de ce dernier. Avant d’ajouter : En tout état de cause, que cette ouverture de compte bancaire en Suisse s’est faite pour apporter un soutien à la famille du président Ouattara avec qui, sa majesté le Roi entretient d’excellents rapports d’affaires », assure la DGSE dont la hiérarchie estime « qu’entre l’automne 2013 et le 31 mars 2014, période couverte par les listings que le chef d’antenne de Rabat a pu consulter, le montant maximal enregistré sur ce compte était de 7, 9 millions d’euros.

Montant correspondant au transfert opéré à partir du compte parisien du trésor public ivoirien ». Les liens d’affaires entre Alassane Dramane Ouattara et le roi du Maroc sont d’ailleurs nombreux et permettent de comprendre les raisons pour lesquelles le souverain chériffe est déjà venu à Abidjan à deux reprises dans le cadre des visites d’état. Mais le document de la DGSE permet aussi de comprendre pourquoi le gouvernement ivoirien a réservé au roi les côtes sablonneuses de Port-bouët et Gonzagville débarrassées de ses habitations précaires dans une violence inouïe.

Le souverain chérifien doit en effet y construire des logements parce qu’il détient une holding de construction de logements, la SNI, qui pèse des milliards. Grâce à Group Invest et Mamadi Diané qui est l’un de ses conseillers spéciaux de Ouattara, le chef de l’état ivoirien est devenu l’un des principaux actionnaires ayant financé l’offre publique de rachat de la SNI. Dès lors, sa participation qui était insignifiante avant l’offre de 2010, est aujourd’hui de 13%. Les renseignements collectés au cours de ces recherches révèlent par ailleurs qu’une offre publique de rachat de l’omnium nord africain retranchée de la SNI en 2010 a en outre permis au clan Ouattara de prendre le contrôle de quelques éléments sur cette structure qui était, avant sa dissolution en 2010, le premier groupe industriel et financier privé marocain investissant dans les mines, l’agroalimentaire, la grande distribution et les services financiers.

Lorsque le souverain chérifien s’est débarrassé de l’ONA, 50% de son capital a été alors détenu par quatre sociétés immatriculées au Panama et créées par des mem- bres du clan Ouattara associés à certains membres de la fa- mille de Mohammed VI »… La holding royal compte égale- ment en son sein une société qui se nomme Group Invest où « la famille Ouattara possède des participations camouflées grâce à des prête- noms », accuse la DGSE. En plus de Group Invest, la SAR Invest contrôlée à 99,9% par le clan présidentiel ivoirien, élargit la palette des liens d’af- faires que Ouattara et le roi ont construits depuis de nombreuses années. Et si les fins limiers français re- commandent à leur pays de fermer les yeux sur les gaffes du roi en raison du soutien qu’il représente pour la France dans la lutte contre le terrorisme, en revanche pour le chef de l’état ivoirien, la DGSE appelle à la mise en place d’une opération spécifique destinée à mettre fin au recyclage des fonds illicites en provenance d’Afrique. « En revanche, s’agissant de l’implication directe et avérée du clan Ouattara dans ce processus de transferts opaques de fonds publics destinés au pro- gramme de développement de la Côte d’Ivoire, il est urgent de mettre en chantier une opération spécifique avec le concours soutenu dans la lutte contre le blanchiment et le recyclages de fonds illicites en provenance d’Afrique, des autorités des différents états de l’Union Européenne qui ont fait ratifier par leur parlement respectif cette disposi- tion réglementaire qui rentrera en vigueur en janvier 2017 », prévient le document.
SEVERINE BLE

CI-DESSOUS LE RAPPORT DE LA DGSE

1°) LE CONTEXTE

Suite à des renseignements de sources humaines, faisant état de soupçons avérés de transferts illicites de fonds massifs en provenance d’Afrique subsaharienne, ayant transité par le Royaume du Maroc, pour ensuite être réceptionnés par la HSBC Private Bank de Genève en toute opacité, le service a instruit le chef d’antenne de Rabat, conformément à la 4e directive de Lutte contre le blanchi- ment et le financement du terrorisme, lancée le 5 février 2013 et votée en commission du Parlement européen le 27 janvier 2015, d’entreprendre des recherches ciblées afin de mettre à jour la nature réelle de ces transferts avec leurs conséquences éventuelles pour la sécurité économique et politique des états de l’Union Européenne.

2°) LE DEBAT

Le compte-rendu du chef d’antenne met effectivement au jour un certain nombre d’intérêts croisés existants entre la famille royale et celle du Président Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire. Ces intérêts de la famille Royale et des membres du clan Ouattara sont logés au sein de la SNI et portés par trois grands ensembles. Il s’agit d’abord de Copropar, une coquille vide qui, jusqu’en 2013, ne comptait aucun salarié et que le service a vraiment découvert en 2014, lors d’un méga chamboulement capitalistique qui avait complètement métamorphosé l’architecture du groupe. Copropar est devenu la holding de tête contrôlant la SNI, qui elle-même a pris le contrôle de l’ONA à partir de cette date. Les données obtenues à partir de sources diverses et concordantes au sein de cette structure, permettent d’en savoir plus sur l’origine partielle des fonds ayant alimenté ces comptes. 2, 9 Milliards d’euros, remboursés au gouvernement ivoirien dans le cadre du contrat Désendettement Développement (C2D) pour le financement de projets co-décidés par la France et la Côte d’Ivoire ont pu suivre un circuit opaque pour se retrouver sur un compte bancaire à la HSBC Private Bank de Genève au nom Benedict Senger gendre du président ivoirien réfugié derrière le code BUA tout comme la famille royale et répertorié dans les livres de la banque sous un numéro identique à celui du secrétaire particulier du roi Mohammed VI.

Les renseignements collectés au cours de ces recherches, révèlent qu’une offre publique de rachat de l’ONA retranchée de la SNI en 2010 a permis au clan Ouattara de prendre le contrôle de quelques éléments sur cette structure. Près de 50% de son capital est détenu par quatre sociétés immatriculées au Panama. Il pourrait s’agir de : Providence Holding, Unihold Holding, Yano Participation et Star Finance. « Il s’agit de sociétés créées par des membres du clan Ouattara associés à certains membres de la famille de Mohammed VI »… Plus de 9% du capital est quant à lui détenu par Ergis, l’ancienne Siger héritée de Hassan II qui a changé de dénomination en 2002. La nouvelle Siger, qui appartient exclusivement à Mohammed VI, détient plus de 41% du capital de Copropar créé conjointement avec le chef d’état ivoirien Alassane Ouattara (toujours selon les notes de renseignement de 2014), mais aussi une participation directe dans la SNI. La holding royal compte également, en son sein, une structure qui se nomme Group Invest dans la quelle la famille Ouattara pos- sède des participations camouflées grâce à des prête- noms.

Celle-ci a été également révélée lors des opérations de 2014. Et selon les données rendues publiques par le CDVM, il s’agirait d’une société contrôlée à 99,9% par une autre entité qui s’appelle SAR Invest qui a également partie liée avec le clan présidentiel ivoirien. Officiellement, cette structure appartiendrait exclusivement son à Altesse Royale. Des témoignages tous aussi divers et concordants font , en revanche, état de ce que Alassane Ouattara a pu mettre Group Invest à profit à travers un de ses conseillers spéciaux Mamadi Diané pour devenir l’un des principaux initiateurs qui ont mis la main à la poche lors de l’OPR, offre publique de rachat, sur la SNI. Alors que sa participation était insignifiante avant l’offre de 2010, la part du capital détenu au- jourd’hui est de 13%. Mais si cette structure s’est renforcée dans le tour de table, après les opérations de radiation et de fusion, d’autres sociétés en revanche ont vu leur part se diluer. RMA Watanya par exemple, propriété de Oth- man Benjelloun devenu persona non grata depuis sa tentative avortée en 1999 de prendre le contrôle de la SNI (ancienne version), a vu ses parts diminuées à 3%, alors qu’il devait détenir 9% dans la nouvelle entité née de l’absorption. La compagnie avait, comme d’autres institutionnels, vendu une partie de ses titres lors des OPR.

Le clan Ouattara porté par la famille royale marocaine comptait parmi les clients de HSBC Private Bank. En effet, selon les documents confidentiels ob- tenus par Le journal le Monde, un compte bancaire au nom de « Sa Majesté le roi Mo- hammed VI », codétenu avec son secrétaire particulier, Mounir El-Majidi, a été ouvert le 11 octobre 2006 chez HSBC Private Bank à Genève et a ré- gulièrement reçu d’importants flux financiers provenant du compte parisien N° 30056 89000 0001 2395 678 HSBC Paris-Opéra appartenant au trésor public ivoirien en guise de payement de factures pour des marchés fictifs d’infrastructures urbaines. Cette fois encore, l’’identité royale se réfugiait derrière un code interne (BUP, pour « business partner ») répertorié dans les livres de la banque de la HSBC Private bank Genève : 5090190103. Entre l’automne 2013 et le 31 mars 2014, pé- riode couverte par les listings que le chef d’antenne de Rabat a pu consulter, le mon- tant maximal enregistré sur ce compte était de 7, 9 millions d’euros. Montant correspondant au transfert opéré à par- tir du compte parisien du tré- sor public ivoirien. Or, il est en principe illégal, pour des Ma- rocains résidant au Maroc, de détenir un compte bancaire à l’étranger. Seul l’Office des changes conserve le pouvoir d’accorder des dérogations à titre exceptionnel. Cette administration chargée de réguler la circulation des devises ac- corde régulièrement des amnisties en échange du rapatriement des fonds marocains placés à l’étranger – la dernière campagne sous le sceau du « patriotisme économique » vient tout juste de s’achever sur un rapatriement record de 2,2 milliards d’euros.

Dans un tel contexte, la révélation d’un compte ouvert en Suisse au nom du roi est politiquement sensible – même si le montant de près de 8 millions d’euros qui y figure semble modeste, en regard d’une fortune personnelle du monarque estimée à 1,8 milliard d’euros. La révélation d’un compte ouvert en Suisse est sensible en période de campagne de « patriotisme économique » Le chef d’antenne au cours de ses recherches a procédé à des manipulations qui lui ont permis d’atteindre l’entourage M. El-Majidi discrètement interrogé au sujet du compte suisse du roi, en souhaitant savoir s’il était toujours actif. Son entourage, notamment son secrétaire particulier avec lequel le chef est en bonne intelligence a en effet confirmé [l’ensemble de ces renseignements, qui] relèvent du plus strict secret bancaire et de la vie privée de Sa Majesté le roi, dès lors qu’il s’agit d’éléments relevant de la sphère patrimoniale privée de ce dernier. Avant d’ajouter : En tout état de cause, que cette ouverture de compte bancaire en Suisse s’est faite pour apporter un soutien à la famille du président Ouattara avec qui, sa majesté le Roi entretient d’excellents rapports d’affaires, mais aussi dans le strict respect de la réglementation en vigueur au Maroc.

Le cas spécifique de la famille royale Le prince Moulay Rachid et la princesse Lalla Meryem, respectivement frère cadet et sœur aînée de Mohammed VI, figuraient égale- ment dans la liste des clients de HSBC PB à Genève, sans indication des montants de leurs avoirs. Les manipulations effectuées par le service n’ont pas permis à ce jour de mettre en lumière les montants réels qui ont été déposés sur ces comptes et leurs origines. Les personnes ressources contactées dans le cadre des recherches ont envoyé les mêmes éléments de réponse que pour le roi. La famille régnante, outre ses nombreuses terres et rési- dences, tire l’essentiel de sa fortune de la Société nationale d’investissement (SNI), le plus important groupe privé du pays. Selon nos estimations, Mohammed VI aurait perçu près de 8,7 millions d’euros en dividendes de la SNI à l’été 2006. Or, en octo- bre, en plus des fonds provenant du clan présidentiel ivoirien qui ont été recyclés par le canal de ce compte codé, c’est à peu près la même somme qui a été déposée sur le compte ouvert à Genève.

La SNI (ex-ONA-SNI, ex-ONA) avait été héritée de Hassan II à la mort de ce dernier, en 1999. A la fin de sa vie, le monarque n’en détenait que 13 %. Depuis, le contrôle royal s’est raffermi et le groupe s’est étendu. C’est au- jourd’hui un empire qui détient des parts, le plus souvent majoritaires, dans trente-quatre compagnies – certaines multinationales – réparties dans une quinzaine de sec- teurs économiques majeurs (banque, énergie, métallurgie, mines, téléphonie, immobilier, hôtellerie, distribution…). Ce conglomérat, qui pesait 6,4 milliards d’euros en 2013 (soit à lui tout seul, 7 % du PIB marocain), est aujourd’hui dé- tenu à près de 60 % par la famille royale, à travers différentes holdings personnelles. Si la structure et les chiffres de la SNI sont connus au Maroc, ceux des holdings royales « de tête » ont toujours été un mystère, à peine effleuré à l’occasion d’une opération boursière en 2014. Grâce à des documents qu’il a pu consulter en marge des listings HSBC, Le service peut au stade actuel de ses recherches confirmer l’existence d’un vaste réseau de transferts illicites de capitaux publics, notamment ivoiriens ayant atterrit dans les livres de HSBC Private Bank Genève en violation des dispositions réglementaires de l’Union Européenne desquelles le canton de Genève et la Confédération Helvétique ne se préoccupent aucunement. Les holdings Ergis et Siger (deux anagrammes de regis, le mot latin pour roi), coiffant la SNI, appartiennent au monarque lui-même, même si celui-ci ne l’a jamais précisé officielle- ment. Reste que les HC dont le service dispose au sein du palais l’admettent eux-mêmes :

Le fait que Sa Majesté le roi dispose d’un patrimoine privé et de participations actionnariales dans un certain nombre de sociétés, au travers d’une société holding, demeure un sujet sensible doit absolu- ment rester dissimulé à cause de ses nombreuses ramifications extérieures qui impliquent des chefs d’états amis de la région. En plus de leurs parts dans la SNI, Siger et Ergis détiennent de solides in- térêts dans l’agroalimentaire et les cosmétiques, l’hôtellerie, l’électricité, l’ameublement, mais aussi des secteurs surprenants comme la chasse au gibier, la verrerie, et l’entretien des sols. Au total, plus d’une vingtaine d’entreprises dont plusieurs, lourdement capitalisées. Chacun des frères et sœurs de Mohammed VI dispose également de sa pro- pre holding : Providence hol- ding pour le prince Moulay Rachid, et Unihold, Yano Participation et Star Finance pour, respectivement, les princesses Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasna. 3°) Le Positionnement du service Ce dossier, même s’il présente un intérêt particulier au plan politique et économique ne devrait pas, pour ce qui est de la famille Royale du Maroc, ne devra pas nous amener à perdre de vue que la France et le Maroc viennent de franchir un pas décisif vers le rétablissement de leur coopération judiciaire, près d’un an après sa suspension décidée par Rabat sur fond de vives tensions politico-militaires. Cela ouvre la voie à une reprise du partenariat sécuritaire de deux pays engagés dans la lutte anti dji- hadiste. Cette reprise annoncée, du dialogue résulte d’abord de la volonté des deux chefs d’état. François Hollande et Mohammed VI se sont parlé au téléphone en début de semaine dernière, sans que cela fasse l’objet de communiqué, pour apaiser les tensions.

Quelques jours plus tôt, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salahed- dine Mezouar, avait annulé sa visite à Paris pour rencontrer Laurent Fabius, sans en donner la raison. En fait, le Palais n’avait pas apprécié les derniers propos de Christiane Taubira lors des obsèques du dessinateur Tignous assassiné au siège de Charlie Hebdo le 7 janvier. La ministre française de la Justice y avait affirmé qu’il était plus prudent de ne pas vouloir représenter le roi en caricature dans son pays. La Garde des Sceaux et à son homologue marocain, Mustapha Ramid, se sont rencontrés sur instruction du Président de la République et du Roi Mohammed VI pour trouver une issue à la querelle judiciaire alors que les premières visites techniques de magistrats n’avaient pas abouti, la partie française invoquant le principe d’indépendance des juges d’instruction et la signature de conventions internationales. Après trois réunions de travail, les deux ministres sont parvenus à un texte amendant la convention d’entraide judiciaire qui sera prochainement soumis aux deux parlements. Cela va faciliter le travail des deux justices puisque plus de 60 000 Français vivent dans le royaume et 1,3 million de Marocains résident en France. Nombre de ces ressortissants sont des binationaux. L’affaire Hammouchi a montré que notre accord de coopération judiciaire avait des failles, l’accord d’entraide judiciaire prévoit des dispositions comme les demandes d’information et les commissions rogatoires. Or à aucun moment les magistrats de liaison français et marocain n’ont été avisés par le juge français qui, avec beaucoup de zèle, a décidé de convoquer le patron du contre espionnage marocain à la suite d’une plainte déposée par un franco-marocain déjà jugé et condamné au Maroc.

A Rabat, cet épisode judiciaire a été vécu comme une « gifle » en donnant l’impression que la justice française primait. D’où la demande de remise à plat de la convention. Pour éviter pareille mésaventure à l’avenir, le nouveau texte introduit plus de subsidiarité en empêchant l’application d’un prin- cipe trop large (intrusif et unilatéral) du principe de compétence universelle qui est déjà encadré en France. Les juges français pourront continuer à poursuivre des Marocains en France, et vice versa, mais certains actes juridiques devront êtres assortis d’une demande d’information ou d’une commission rogatoire passant par le canal de la coopération. Pour sceller cette reprise de l’entraide judiciaire, le magistrat de liaison marocain est arrivé en début de semaine à Paris. Cela ouvre aussi la voie à la reprise d’une relation normale dans les autres champs de coopération même si le partenariat économique et culturel n’a pas été affecté.

A la suite de la dernière vague d’attentats en France, les responsables de droite (Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Bernard Squarcini) ont appelé à la reprise de la coopération en matière de sécurité et de renseignement. C’est un des piliers de nos relations depuis feu Hassan II, le Maroc ayant régulièrement soutenu les actions militaires françaises en Afrique. « La France ne pouvait pas accuser le patron du contre espionnage marocain, un allié très fidèle, et lui demander de coopérer avec vous, justifie le haut responsable marocain. Cet accord jette toutefois les bases d’une reprise des échanges. Les attentats de Charlie Hebdo ont fait comprendre aux deux pays la nécessité de tourner la page ». Le Palais marocain propose aussi ses services pour faciliter le dialogue interreligieux, la lutte contre le terrorisme et la dé radicalisation. Au Maroc où le roi est le Commandeur des croyants, la formation des imams est encadrée et les mosquées surveillées. Ce qui a jusqu’à présent permis d’endiguer, même si le pays a subi plusieurs attentats depuis 2003, la menace terroriste. Paris et Rabat ont beaucoup de choses à partager puisque quelque 1500 Marocains et 1000 Français, parmi lesquels des binationaux, combattent auprès de groupes djihadistes en Syrie et en Irak. En revanche, s’agissant de l’impli- cation directe et avérée du clan Ouattara dans ce processus de transferts opaques de fonds publics destinés au programme de développement de la Côte d’Ivoire, il est urgent de mettre en chantier une opération spécifique avec le concours soutenu dans la lutte contre le blanchiment et le recyclages de fonds illicites en provenance d’Afrique, des autorités des différents états de l’Union Européenne qui ont fait ratifier par leur parlement respectif cette disposition réglementaire qui rentrera en vigueur en janvier 2017.

Source: Aujourd’hui / N°933

 

 

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21 février 2018

ABOUDRAMANE UN SIGNATAIRE DE LA CHARTE DU NORD QUI A ENDEUILLÉ NOTRE PAYS ?

Aboudramane Sangare

 

De Yvann Murphy
********************

Qui est vraiment Aboudramane ?

Mais avant parcourons une analyse de Claudus Kouadio : 
*C'est quoi la Charte du Nord ? 
*Quelle est son impact sur la crise Ivoirienne ? » 

C'est une Charte nordiste dites "anonyme" (mais tout le monde sait que c'est l'œuvre du RDR et il y a des éléments de preuves pour l'attester), intitulée "Le Grand Nord en marche". Elle fut diffusée à grande échelle sous forme de tract, puis relayé dans différents journaux dès 1991 (version 1) puis en 2002 (version 2)

LE PARAGRAPHE INTRODUCTIF DIT :
"LA CHARTE NORDIQUE DE SES FILS aux 4 coins de la Côte d'Ivoire, DE SES FILS au terroir.
Intellectuels, analphabètes, responsables, cadres, militaires, ouvriers, commerçants, par notre voix, LE GRAND NORD BAT LE RAPPEL ET LE RASSEMBLEMENT POUR UN GRAND NORD uni, fort, crédible, partenaire à part entière, arbitres des situations futures AU SEIN D'UN ENSEMBLE IVOIRIEN rénové, équitable, cohérent"...

d'autres petits extraits...

[...]
Sans renier notre passé de la période des luttes pathétiques et héroïques du RDA, sans remettre en cause notre attachement aux idéaux du grand parti, le RDA, il "IMPORTE DÉSORMAIS DE SITUER LE GRAND NORD A L’ÉCART DU PDCI, TRÈS LOIN DU FPI ET DE L'OPPOSITION PARCE QUE CETTE RÉGION DOIT EMPRUNTER SA PROPRE VOIE, CAR LA DIFFÉRENCE DE ZONE ENTRAÎNE, IPSO FACTO, UNE DIFFÉRENCE DE COMPRÉHENSION ET DE COMPORTEMENT"
[...]
Le Grand Nord entend donc s'organiser en fonction de ses intérêts bien propres
[...]
La défense D'ALASSANE figure en bonne place parmi nos objectifs.
[...]
Le cas Alassane (DRAMANE OUATTARA BIEN ENTENDU) est de ceux qui s'insèrent de plein droit au concept d'un Grand Nord en tant qu'entité régionale, zone d'influence responsable. [...] 

Il serait inconcevable qu'ALASSANE tire les marrons du feu et qu'un autre s'en régale (PARLANT DU FAIT QUE BEDIE SUCCEDE A HOUPHOUËT AU LIEU D'ALASSANE ALORS PREMIER MINISTRE)
[...]

Ces deux chartes ont contribuées, à une division de plus en plus profonde du pays et de la population entre « nordistes » et « sudistes ».

Il apparait clairement que cette chimère est une œuvre du RDR. C’est ainsi qu’une grande partis des populations du nord a été minutieusement et mentalement préparé aux différentes insurrections contre l'Etat de Côte d'Ivoire par les responsables du R.D.R.
Feu Lamine Diabaté, ancien dirigeant du RDR et mari d’Henriette Diabaté actuel Secrétariat général du RDR nous en fait une autre démonstration dans cette vidéo édifiante.

Vidéo : Comment Lamine Diabaté préparait le RDR à l'insurrection
http://www.dailymotion.com/video/xci45u_comment-lamine-diabate-preparait-le_news

J’en parlais déjà dans mon article intitulé : « «LE RDR, L’IVOIRITE, ALASSANE D. OUATTARA ET SA REBELLION EN COTE D’IVOIRE
http://www.facebook.com/note.php?note_id=368382963989

« Un vaste plan d’intoxication propagandiste sera lancé par le RDR dans le nord du pays sous fond de mensonge grossier et d’incitation à la haine et à la révolte du genre : « Le PDCI dit que nous sommes des peureux. Nos grands-pères n’ont pas eu peur de prendre cette région avec les fusils et la poudre. Nous ne voulons plus de ces gens parce que le PDCI nous manque de respect, nous méprise et ne nous considère pas. Ils nous ont traités comme des animaux. 
Parce que nous votions pour Houphouët ils nous ont pris pour des ignorants. Ils ont organisé une campagne de dénigrement : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous. Mais ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. 
Ils ne nous font pas peur. Ils ont dit que nous ne serions plus rien dans ce pays. Ensuite ils ont renvoyé 267 de nos cadres. Ils ne veulent plus entendre l’appel du Muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’Islam et des musulmans. Ils envoient les militaires les frapper dans les mosquées. Si nous acceptons cela c’est que nous ne sommes pas des musulmans, si nous les suivons c’est que nous sommes des bâtards. Vous connaissez bien la chanson Malienne qui dit : plutôt la mort que la honte. Ici chez nous nous disons : « Mieux vaut mourir que d’avoir honte ». Pouvons-nous accepter la honte ? NON !
Nous avons les mêmes armes qu’eux. Nous avons aussi nos hommes dans l’armée. Nous ne voulons d’eux ni aujourd’hui, ni demain. Depuis que Houphouët est mort nous n’avons connu que brimades, honte et humiliations » dixit Lamine Diabaté ex-mari d’Henriette Dagri Diabaté à Odienné en 1995. 
Lorsque Alassane Ouattara en personne confirme ce genre de thèses en proclamant sur TV5 en 1995« On a écarté ma candidature parce que je suis musulman et du Nord! », les nordistes et les musulmans se sentant lésés, rejoignent en masse le RDR qui se radicalise en se sectarisant de plus en plus »

Le coup d'état de 1999 et la rébellion armée de 2002 ne sont que l'application de la charte du nord par le RDR et ça beaucoup d’Ivoiriens du Sud et aussi du Nord l’ignorent.

Cette élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire et la zone d’influence du RDR de ADO (carte 2) est une autre preuve de l’application de la charte du Nord.

Avec les derniers événements recensés ses derniers jours, parlant de la conférence de Aboudramane et sa tournée historique pendant laquelle il reçoit les honneurs des dozos, il est temps de nous poser les bonnes pour espérer avoir les bonnes réponses. 
Quant à moi, vous pouvez constater que depuis près de deux 3 ans en arrière, je soupçonnais le septuagénaire d’être responsable de la chute du président Gbagbo Laurent. 

DeboutCiv avec Deboutciv Deboutcotedivoire

 

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29 novembre 2017

LES NOMS QUI REVIENNENT, SONT LES MÊMES QUI ONT FOUTU LE BORDEL EN AFRIQUE

 

LES DÉLINQUANTS NE SONT PAS QUE DEVANT LE CINÉMA ROXY D'ADJAMÉ

 

 

De Yvann Murphy 
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A Ouagadougou, Macron a enterré la politique africaine de la France pour y mettre un terme. C’est dans cette politique françafricaine que s’étaient engouffrés Alassane Dramane et ses amis. Le président français a ainsi décidé que les entreprises françaises devront désormais être porteuses “d‘un partenariat exemplaire, qui refuse la corruption et qui se plie aux appels d’offres”.
Allons-nous vers la fin des innombrables lobbies en direction d’Abidjan devenu désormais l’eldorado des gens qui sont aux crépuscules de leur vie politique ?
Imaginer un certain Sarkozy qui fut président de la république en France et qui va finir ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Qatar, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. C’est clair, que l’homme et son employeur Dramane ne valent que dalle sur l’échiquier international.

CÔTE D'IVOIRE : L'HEURE DU PARTAGE DU MAGOT ENTRE BLAIR, SARKOZY ET CARTER III ?

 

 

 

NICOLAS SARKOZY

Ce sont bien les noms qui reviennent dans la liste des lobbyistes qui s’activent autour de Alassane Ouattara.
Est-ce pour affiner son carnet d’adresses ou pour les dividendes du service rendu qui a permis son accession au pouvoir en 2010 ?
Dans moins de 3 ans, nous serons en 2020 et la question sur la candidature de Alassane Dramane est sujette à discussion, car Dramane est resté lui-même dubitatif sur la question qui lui a été posée lors de son interview sur la chaîne de France 24. Selon lui, la constitution lui permet d’être candidat, à priori il ne sera pas candidat, tout indiquant que l’on attende en 2020 pour être situé.
Est-ce le conseil de ces nombreux lobbystes ou alors, Dramane après avoir pris goût aux délices du pouvoir refuserait-il toute idée de s’en aller ?
Au regard du nouveau visage politique affiché par Paris, il sera vraiment difficile pour le régime d’Abidjan de s’en accommoder.
Macron qui a décidé de rompre avec le passé, Dramane qui dans ses errements, fait encore appel aux hommes du passé, cela présage d’une coopération impossible, surtout que Dramane n’a plus les entrées au Quai d’Orsay, lieu emblématique où étaient perchés Bernard Kouchner et Laurent Fabius dont les départs ont été perçus comme la fin d’un système pour le régime d’Abidjan. Depuis le remaniement fait sous Hollande qui a vu l’éviction de Laurent Fabius à ce poste hautement stratégique, surtout bien qu’étant chef de la diplomatie, le président avait confié ce poste à son ministre de la défense pour tout ce qui concernait l’Afrique. Mais cela n’a pas empêché Laurent Fabius de coopérer et jouer pleinement son rôle pour apporter son aide à son ami Alassane Ouattara bien qu’étant socialiste.
Cela a traduit le climat délétère entre Abidjan et le pouvoir François Hollande, et la confirmation de Jean Yves Le Drian au poste des affaires étrangères par le président Emmanuel Macron est venue briser le rêve de ceux qui s’attendaient à une rupture entre le Hollandisme et le Macronisme. Sinon quant à Alassane Dramane, lui, il sait bien ce qui se passe sur le plan de la stratégie qui se prépare pour le continent africain devenu le théâtre des opérations de toutes les convoitises. Deux mondes aux antipodes opèrent sur le continent et force est de savoir de quel côté se trouvent Alassane Dramane et sa bande devenue très active autour de l’homme qui représente les intérêts de ce qui reste de la Françafrique.
La gauche et la droite sont les deux têtes d’un même serpent monstrueux. Seuls François Hollande et Jean Jouyet ont pu débarrasser la France de cet hydre en propulsant un nouveau courant politique en France qui n’a plus de lien avec le passé dans lequel était confinées la France et toutes ses colonies.

Je vous l’avais dit, qu’avant de demander à la France de libérer l’Afrique, il fallait aider cette France à se défaire du joug du plan Marshall qui la tient en laisse et avec elle ses colonies depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.
La rencontre de l’union africaine et l’union européenne à Abidjan, n’est donc pas le fait d’un hasard et pour ceux qui ont écouté le président Emmanuel Macron hier, c’est bien le changement qui a commencé en France avec l’accession au pouvoir d’En Marche, qui est en train de prendre forme aujourd’hui en Afrique.
Derrière l’empressement du Maroc et Israël à intégrer nos institutions africaines sous régionales, se cache la vraie raison de la présence de nombreux chefs d’Etats à ce sommet.
Sinon comment peut-on expliquer les raisons qui motiveraient Israël ou le Maroc à intégrer l’UA ? Le Maroc qui vise aussi d’intégrer la CEDEAO est pourtant loin des institutions sous régionales qui regroupent des pays de l’Afrique de l’ouest et concernant Israël, l’Afrique de l’ouest n’est pas au Proche-Orient. 
Attendons donc les conclusions du sommet pour savoir si nous aurons droit à une fumée blanche ou noire.

Deboutciv Deboutcotedivoire avec DeboutCiv et Guy Patrick Vermont DobaCharles Omer Sérélé Charles Sinclair Zeze Kevin Cosner Pensées PluriellesCoeur de Lion Haut Les Coeurs Patrie RFI Représentations diplomatiques des États-Unis Représentations diplomatiques de la TanzanieReprésentations diplomatiques d'Haïti Représentations diplomatiques de la France Représentations diplomatiques de l'Ukraine Représentations diplomatiques du Canada Représentations diplomatiques de l'OugandaReprésentations diplomatiques de la Russie Représentations diplomatiques de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Représentations diplomatiques de la Bolivie Représentations diplomatiques de la Jordanie TV5MONDETV5MONDE Sports Le journal Afrique sur TV5MONDE Tv5monde Asie Pacifique Le Journal de l'Économie sur TV5MONDE Le Monde diplomatiqueNews Republic Fox News VOA Afrique Sputnik France Réseau InternationalAtlantico.fr

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09 novembre 2017

"SPUTNIK" : UN INSTRUMENT D'INFLUENCE RUSSE EN FRANCE ?

Sputnikdeboutciv

 

Par Colin GERARD, le 22 janvier 2017


Colin Gérard est en deuxième année de Master à l’Institut Français de Géopolitique (IFG, Université Paris VIII) et à l’Université d’Etat pour les Sciences Humaines de Moscou (RGGU). Spécialisé sur la Russie et les espaces post-soviétiques, ses travaux portent sur les questions relatives aux politiques de soft-power et à la géopolitique des médias dans le cyberespace.


 

Plus de vingt-cinq ans après la fin de la Guerre froide, peut-on vraiment inscrire Sputnik, financé à 100% par le Kremlin, dans la continuité d’une stratégie d’influence issue de l’héritage soviétique ? Colin Gérard répond en présentant les origines de la création de Sputnik et sa stratégie de développement axée sur les réseaux sociaux. Deux ans après la mise en service de la version française de Sputnik, le Diploweb publie un document de référence pour un bilan d’étape.

LE 23 novembre 2016, le Parlement européen adoptait une résolution, intitulée « Communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers ». [1] Dans son viseur, l’organisation Etat Islamique (EI), mais aussi plusieurs institutions russes, parmi lesquelles la « pseudo agence de presse internationale Sputnik », accusées de « s’attaquer aux valeurs démocratiques, de diviser l’Europe, de s’assurer du soutien interne et de donner l’impression que les États du voisinage oriental de l’Union européenne sont défaillants ».

Le vote de cette résolution a fait réagir de nombreux officiels russes, jusqu’au président Vladimir Poutine, qui n’a pas hésité à parler de « dégradation manifeste, politiquement parlant, de la conception de démocratie au sein de la société occidentale ». La rédactrice en chef de Sputnik à Moscou, Margarita Simonyan, a quant à elle déclaré que les avocats de l’agence étudiaient la possibilité de porter plainte auprès de la Cour de justice européenne, face une résolution qualifiée de « discriminatoire » et « [violant] le principe de liberté d’expression ». Pourtant, le terme de « censure » ou l’idée même d’interdire les médias russes internationaux en Europe ne sont à aucun moment évoqués dans la résolution, qui appelle simplement les Etats-membres de l’Union à mettre sur pieds une stratégie commune pour renforcer la lutte contre ce que les députés qualifient de « propagande extérieure ».

Alors que la conjoncture internationale actuelle voit différents courants conservateurs s’installer dans les pays occidentaux, la Russie est accusée de favoriser ces mouvements, via une politique d’influence rappelant celles des mesures actives de l’Union soviétique [2]. Imaginées par les services secrets russes pendant la Guerre froide (1947-1990), ces mesures avaient pour objectif de déstabiliser le bloc de l’Ouest et d’influencer l’opinion publique internationale, via entre autres des actions de propagande et de désinformation par le biais de différents canaux de communication.

Plus de vingt-cinq ans après la fin de la Guerre froide, peut-on vraiment inscrire Sputnik , financé à 100% par le Kremlin, dans la continuité de cette stratégie d’influence issue de l’héritage soviétique ? Dans un contexte que d’aucuns qualifient de « nouvelle Guerre froide » [3], quel rôle occupe ce média dans la politique d’influence russe ?

Lancée en 2014 à la suite d’une importante restructuration de l’appareil médiatique russe à destination de l’étranger, l’agence Sputnik est implantée en France depuis bientôt deux ans, où elle y voit son audience croître progressivement. Si elle se définit comme un média alternatif au point de vue « multipolaire », l’agence diffuse via sa ligne éditoriale des représentations géopolitiques calquées sur une grande partie des narratifs développés par la Fédération de Russie, dans un contexte de « guerre de l’information » entre médias russes et occidentaux. 

I. Aux origines de la création de Sputnik

A. Une restructuration de l’appareil médiatique russe à destination de l’étranger

Au mois de février 2012, Vladimir Poutine, alors en campagne pour l’élection présidentielle, publie une tribune dans le journal Moskovskie Novosti, dans laquelle il déclare « qu’Internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables, se sont transformés, avec la télévision, en un outil efficace aussi bien de la politique nationale qu’internationale. C’est un nouveau facteur qui demande réflexion, notamment afin qu’en continuant à promouvoir la liberté exceptionnelle de communication sur le web, on réduise le risque de son utilisation par les terroristes et les criminels. » Cette tribune [4] est le signe annonciateur de la future restructuration de l’appareil médiatique international russe et de la volonté du Kremlin de développer sa stratégie d’influence à l’étranger, remise en cause par sa politique extérieure décriée par la communauté internationale (guerre en Géorgie, soutien à Bachar al-Assad, puis conflit ukrainien un an plus tard).

C’est ainsi que le 9 décembre 2013, le président Poutine annonce la signature d’un décret signifiant la dissolution de l’agence RIA Novosti, créée en 1941 par le Sovinformburo, l’organe central d’information et de propagande soviétique initialement destiné à donner des nouvelles du front en URSS et à l’étranger.RIA est remplacée par la holding média Rossija Segodnja, qui va donner les lignes directrices aux médias russes à destination de l’étranger, dans la continuité de RIA Novosti, dont elle occupe les anciens bureaux à Moscou. Ceux-ci sont partagés avec la chaîne de télévision RT (auparavant Russia Today), créée en 2005, qui n’est pas directement rattachée à Rossija Segodnja, mais n’en reste pas moins liée. Dimitri Kisselev, journaliste vedette de la première chaîne publique russe Rossija 1, est nommé directeur général de la nouvelle agence. Connu pour sa proximité avec le Kremlin, il fait partie de la liste des citoyens russes interdits de séjour sur le territoire de l’Union européenne (UE), dans le cadre des sanctions prises par l’UE contre la Russie. Pour M. Kisselev, « l’agence cherche à rétablir la juste place de la Russie en tant que pays important aux bonnes intentions ». A la tête de la rédaction internationale de l’agence, on retrouve Margarita Simonyan, qui n’est autre que la rédactrice en chef de RT(elle sera nommée rédactrice en chef de Sputnik un an plus tard).

Suite à l’annonce de sa création, Rossija Segodnja est placée dans la liste des entreprises stratégiques du pays, un statut particulier dans le droit russe qui montre l’importance accordée à la nouvelle institution.

Selon Sergueï Ivanov, chef de l’Administration présidentielle de l’époque, les raisons ayant conduit au lancement de Rossija Segodnja sont principalement économiques : la création du nouveau service s’inscrirait dans la continuité d’une politique de réorganisation de certaines institutions, qui passerait par des efforts de réduction du coût des médias d’Etat, tout en améliorant leur efficacité. Pourtant, l’agence est dotée d’un budget de 6,7 milliards de roubles (environ 108 millions de dollars) pour l’année 2016, auxquels s’ajoutent les 19 milliards de roubles (307 millions de dollars) alloués à RT, des sommes bien supérieures aux 2,67 milliards de roubles annuels dont disposait RIA Novosti. Un tel budget alloué à l’agence, alors même que la situation économique du pays n’est pas au beau-fixe, donne une illustration supplémentaire de cette volonté de la Russie de mettre à la disposition de ses médias les moyens nécessaires au développement de son influence sur l’opinion publique internationale. 

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B. Sputnik  : un développement poussif en France

Le 10 novembre 2014, Dimitri Kisselev annonce lors d’une conférence de presse la création de l’agence Sputnik, nouveau service international multimédia qui regroupe les anciens services RIA Novosti et La Voix de la Russie. Décliné en un site Internet et une radio, Sputnik s’adresse selon M. Kisselev à « ceux qui sont fatigués de la propagande agressive en faveur d’un monde unipolaire, et qui veulent une autre perspective ». Avec son slogan « Tell the untold » (traduit sur la version française en « nous dévoilons ce dont les autres ne parlent pas »), Sputnik déclare montrer « la voie d’un monde multipolaire qui respecte les intérêts nationauxla culture, l’histoire et la tradition de chaque pays  ».

Le 29 janvier 2015, la version française de Sputnik est mise en service. Son développement peut s’analyser en deux étapes : la première marque une apparente continuité avec l’époque de La Voix de la Russie. Une immense majorité des articles du site web ne sont pas signés, et les contenus ne se démarquent en rien de l’ancienne radio basée à Moscou. On retrouve par exemple certaines publications relevant de la pure désinformation : en avril 2015, un article signé par Françoise Compoint [5], connue pour son affiliation avec l’extrême droite et les milieux complotistes français, sous-entend que les Etats-Unis pourraient être derrière le crash de l’avion de la compagnie allemande Germanwings du 23 mars 2015La thèse de Mme Compoint repose uniquement sur un entretien avec un certain Luc Michel, belge et ancien membre de la Fédération d’action nationale et européenne, un groupuscule néo-nazi aujourd’hui dissous, ce qu’elle ne précise à aucun moment.

La deuxième étape voit se former à partir de la fin de l’année 2015 une vraie équipe de rédaction, basée dans les anciens locaux français de RIA Novostisitués dans un immeuble du XVIIème arrondissement de Paris. Cet immeuble a fait l’objet en juillet 2015 d’une procédure d’identification des biens préalable à une saisie judiciaire par des huissiers mandatés par le tribunal de Paris, dans le cadre de l’affaire Ioukos, qui a vu en 2014 la Russie condamnée par un tribunal arbitral à payer une amende de 50 milliards de dollars aux anciens actionnaires de la compagnie pétrolière de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski (l’arbitrage sera finalement annulé en avril 2016). Cette affaire, vieille de dix ans et sans aucun rapport apparent avec Sputnik, revêt une importance toute particulière quand on sait qu’elle a entraîné le gel temporaire des comptes français de Rossija Segodnja et la saisie de biens russes en France. Le développement tardif du service français de Sputnik s’explique donc en partie par l’incertitude du dénouement du contentieux qui perdure encore aujourd’hui, mais aussi par la difficulté à recruter une équipe de rédaction sérieuse. 

Celle-ci commence à prendre forme à la fin de l’année 2015 : à sa tête, on retrouve Dimitri Boschmann, un russe d’une trentaine d’années diplômé en relations internationales dans le prestigieux Institut des relations internationales de Moscou (MGIMO). Le reste de la rédaction est composé d’une vingtaine de personnes assez jeunes, qui n’ont pour la plupart aucune formation journalistique : deux d’entre eux ont par exemple fait leurs études au Cours Florent, une école de théâtre parisienne, et continuent leur activité parallèlement à leur emploi chez Sputnik. Contrairement à La Voix de la Russie,où la plupart des auteurs connus travaillaient selon des motivations idéologiques, les membres de la rédaction de Sputnik ont globalement un profil plus lisse et moins politisé, à l’exception notable de l’économiste Jacques Sapir, qui anime une émission bihebdomadaire sur le service radiophonique. Celui-ci commence à se développer à partir du 12 avril 2016 en diffusant sa première émission sur les ondes FM. 

Après des débuts poussifs, Sputnik commence donc son développement en France, en misant sur une stratégie axée sur le numérique et les réseaux sociaux.

II. Une stratégie de développement axée sur les réseaux sociaux

A. L’information « insolite » brouille la diffusion des narratifs russes

La stratégie d’implantation de Sputnik France s’inscrit dans la continuité d’une des mutations géopolitiques majeures de notre époque : « l’interdépendance croissante entre les continents, les Etats et les sociétés  » [6], à l’origine d’une mutation du rôle des médias. L’implantation massive d’Internet dans le monde et le développement des technologies que nous connaissons depuis le début du XXIème siècle nous ont conduit à une société inondée de flux d’informations toujours plus importants, diffusés sans interruption. Cette situation fait qu’aujourd’hui, ce n’est plus le lecteur qui va vers l’information, mais bien l’information qui vient au lecteur, via des canaux de diffusion nouveaux que sont l’ordinateur, le téléphone et les réseaux sociaux.

Bien conscients de cette réalité, Sputnik concentre ses efforts sur les réseaux sociaux, en suivant une stratégie de développement efficace. Pour en prendre la mesure, l’exemple de Facebook est le plus révélateur. Au côté d’articles défendant clairement les positions politiques de la Fédération de Russie, on remarque sur la page de Sputnik France la présence d’un grand nombre d’articles ou vidéos « insolites ». Dernier exemple en date, une publication sous forme de GIF (Graphics Interchange Format, des images animées pendant quelques secondes) d’un saut de baleine, avec comme légende un titre racoleur (« On sait enfin pourquoi les baleines sautent à la surface de l’eau ! Cliquez pour en savoir plus  ») suivie d’un lien renvoyant vers le site Internet de Sputnik. Derrière cette publication à l’apparence anodine, se cache une stratégie reposant sur le fonctionnement de l’algorithme de Facebook, qui définit les contenus qui vont s’afficher sur l’interface d’accueil de l’utilisateur, dont chaque action va être prise en compte. Concrètement, cette stratégie de clickbait (littéralement « appât à clics ») permet à Sputnik de maximiser ses statistiques d’audience, mais surtout d’accroître l’engagement sur ses publications. En publiant ce genre d’informations « insolites », Sputnik assure par conséquent une visibilité optimale à ses autres contenus, une stratégie d’ailleurs utilisée tant par les médias que les publicitaires.

Autour de ces « informations insolites » s’ajoutent des articles sur des sujets bien plus sérieux, qui nous permettent de cerner la ligne éditoriale du média. Censés présenter un point de vue « multipolaire », ces articles ne sont en réalité qu’une reprise des narratifs développés par le pouvoir russe.

Par exemple, suite à l’affaire du bombardier russe abattu par l’armée turque à la frontière turco-syrienne, une grave crise diplomatique s’est déclenchée entre les deux pays. Cela a donné lieu à une féroce campagne de désinformation sur la Turquie menée par Sputnik. Entre le 24 novembre 2015, date où le Su-24 a été abattu, et le 1er juin 2016, environ 12 000 publications (articles de fond, brèves, vidéos ou autres) ont été mises en ligne par Sputnik France. Parmi elles, 1603 concernaient la Turquie, soit environ 13% des publications. Un chiffre élevé, qui montre cette idée de campagnes médiatiques calquées sur les narratifs russes. Une campagne qui s’est atténuée après les excuses prononcées par le président turc Recep Erdogan à Vladimir Poutine en août 2016.

Enfin, un grand nombre d’articles de Sputnik présentent une Europe divisée, en proie à de multiples crises, qu’elles soient politiques ou identitaires. La représentation d’une Europe envahie par les migrants s’inscrit dans cette lignée. Entre la date de mise en service de Sputnik France et le 31 mai 2016, environ 25 000 articles ont été mis en ligne : parmi eux, 1564 ont été consacrés aux migrants, soit une moyenne de trois articles par jour. Ainsi, tous les seize articles publiés, il y en a statistiquement un qui sera consacré aux migrants, ce qui représente approximativement un peu plus de 6% du contenu du site, un chiffre révélateur.

Parallèlement, la Russie est présentée comme victime de la désinformation des médias occidentaux, dans des articles à la position victimaire. C’est notamment le cas pour la résolution du Parlement européen : seulement sept jours après son vote, une trentaine d’articles ont déjà été publiés sur le sujet, regroupés dans un dossier intitulé « Résolution du Parlement européen sur la lutte contre les médias russes ». En exagérant le contenu et la portée de la résolution, Sputnikprésente à son lectorat une représentation ancrée en Russie et dans certains courants politiques européens, qui consiste à dire que le pays est diabolisé car il représente des valeurs honnies par une Europe libérale, russophobe et donneuse de leçons.

B. Rossija Segodnja  : un héritage de la politique d’influence soviétique ?

A la lecture de ses contenus, force est de constater que la nouvelle agence média s’inscrit dans un héritage issu des organes de propagande soviétiques. Dans un contexte qualifié de « nouvelle Guerre froide » par le Premier Ministre russe Dimitri Medvedev, les fractures idéologiques et géopolitiques entre la Russie et les puissances occidentales se transposent sur la Toile, et donnent lieu à une opposition de narratifs [7] propres à chaque camp. 

A l’époque soviétique, outre les actions de propagande classique, les « mesures actives » étaient à l’origine de nombreuses fausses informations, rumeurs, dont la finalité était d’instaurer le doute dans l’opinion publique des pays du bloc de l’ouest. Aujourd’hui, avec le développement d’Internet, le nombre de ces informations connait une croissance exponentielle, dont l’efficacité est accrue par le fonctionnement des réseaux sociaux et des algorithmes. La création de Rossija Segodnja s’inscrit dans cette logique, et la Russie se dote d’un organisme central contrôlant de manière verticale les médias russes internationaux, tout en les modernisant grâce à un budget considérable.

La stratégie d’influence russe sur Internet repose sur une communauté virtuelle « pro-russe », dans laquelle on retrouve des individus issus de courants conservateurs, des sympathisants d’extrême-droite comme d’extrême gauche, et de la sphère complotiste française. Constituant l’audience principale des médias russes, elle va contribuer à la diffusion de leur contenu et à leur développement sur les réseaux sociaux. La Russie est aujourd’hui un sujet clivant, si bien que tout article traitant du pays fait l’objet de « débats » houleux entre « pro » et « anti » russes, renvoyant aux années de Guerre froide.

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S’il est impossible d’imputer à Rossija Segodnja ou Sputnik la montée des ressentiments pro-russes et anti-UE en France ou en Europe, force est de constater que leur création s’inscrit dans un contexte global d’accroissement de l’influence russe sur le Vieux Continent. Aux côtés d’institutions chargées de promouvoir la culture et la langue russes comme la fondation Russkiy MirSputnik et RT sont donc des instruments du soft-power de la Fédération de Russie. [8]

Il est encore trop tôt pour mesurer l’influence de Sputnik sur l’opinion française, même si quelques chiffres nous permettent de s’en faire une idée. En moins de deux ans d’existence, plus de 260 000 personnes sont abonnées à ses publications sur Facebook (plus de 60 000 nouveaux abonnés entre les mois de juin et décembre 2016), auxquelles il convient d’ajouter plus de 33 000 abonnés sur Twitter. Des chiffres élevés, qu’il faut toutefois nuancer en les comparants à ceux des concurrents français ou américain, bien plus élevés. Toutefois, la stratégie d’implantation des médias russes en France se joue sur le long terme, et commence à porter ses fruits, ce dont l’Union européenne commence – tardivement – à prendre la mesure.

Mise en ligne initiale sur Diploweb 22 janvier 2017

Copyright Janvier 2017-Gérard/Diploweb


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[2] FEDCHENKO, Yevhen, Kremlin Propaganda : Soviet active measures by other means, Mars 2016, http://www.stopfake.org/en/kremlin-propaganda-soviet-active-measures-by-other-means/

[3] RAVIOT, Jean-Robert (direction), Russie : vers une nouvelle Guerre froide ?, 2016, La Documentation Française.

[5] L’article a depuis été retiré, mais des internautes en ont conservé une copie en cache. Pour rappel, les rapports d’inspection ont prouvé que le pilote de l’avion avait volontairement entraîné le crash de l’avion contre les montagnes pour mettre fin à ses jours. https://web.archive.org/web/20150404231247/http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150401/1015437372.html

[6] BOULANGER, Philippe, Géopolitique des médias, Armand Colin, « U », 2014, p 5.

[7] ROSELLE, A., Strategic narrative : A new means to understand soft power, Media, War & Conflict, 2014. http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/1750635213516696

[8] AUDINET, M., Un soft power d’Etat russe : la miagkaïa sila, dans Russie : vers une nouvelle Guerre froide ?, RAVIOT, Jean-Robert (direction), 2016, La Documentation Française.

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