L'information en ligne

08 mai 2017

Victoire de Macron: Poutine prêt à un travail constructif avec Paris

Macron

 

Le président russe Vladimir Poutine a félicité dans un télégramme Emmanuel Macron pour sa victoire au second tour de la présidentielle française, et réitéré sa volonté de travailler de façon constructive sur les questions bilatérales, régionales et globales.

Le président russe Vladimir Poutine a envoyé un message de félicitations à Emmanuel Macron suite à son élection à la présidence de la République française, annonce le service de presse du Kremlin.

« Les citoyens français vous ont confié la direction du pays dans une période difficile pour l'Europe et pour toute la communauté internationale. La menace croissante du terrorisme et de l'extrémisme belliqueux s'accompagne par une escalade des conflits locaux et par la déstabilisation de régions tout entières. Il est particulièrement important dans ces conditions de surmonter la méfiance mutuelle et de travailler ensemble pour assurer la stabilité et la sécurité internationale », indique le télégramme.

En outre, le président russe a confirmé sa volonté de travailler de façon constructive sur les questions bilatérales, régionales et globales avec Paris.

« M. Poutine a également souhaité à M. Macron santé, prospérité et succès sur à ce poste si important à la tête de l'État », a déclaré le service de presse du Kremlin.

Dimanche, la France a organisé le second tour de l'élection présidentielle qui a opposé Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Selon les données du ministère français de l'Intérieur, l'ex-ministre de l'Économie a remporté le scrutin avec 66,06 % des votes. La candidate du FN a recueilli pour sa part 33,94 % des voix, a fait savoir le ministère.

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Source : https://fr.sputniknews.com/international/201705081031291448-poutine-macron-victoire/#xtor=&utm_source=ExtensionFactory.com&utm_medium=extension&utm_campaign=extension&utm_content=popup

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07 mai 2017

CROQUIS. LA VICTOIRE DES OCCASIONS PERDUES

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6 mai 2017 Par Hubert Huertas

Une campagne extraordinaire vient de s’achever. Elle a chamboulé des équilibres installés depuis un demi-siècle. Dans ce grand chambardement, la victoire potentielle d’Emmanuel Macron s’est construite sur les erreurs de tous les autres, ou sur leurs fautes.

 

abord se souvenir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Pour mesurer le séisme, considérons ce que disaient les augures il y a quelques mois encore. Prenons le sondage le plus crédible. Un échantillon de 18 569 personnes, interrogées du 9 au 18 septembre 2016 par l’institut Ipsos pour Radio France et le journal Le Monde.

Plusieurs hypothèses étaient alors envisagées. Nicolas Sarkozy était donné entre 18 et 22 %. Il est sorti de la route le 20 novembre, sèchement éliminé au soir du premier tour de la primaire à droite. Dégagé. Alain Juppé était le mieux placé. Jusqu’à 34 %. Il est rentré à Bordeaux la semaine suivante. Dégagé. Battu par un Fillon surgi de nulle part, et certain de devenir président sans avoir à lever un sourcil.

Marine Le Pen était promise à sortir du premier tour en tête, entre 28 et 30 %. En juillet, un sondage l’avait même donnée à 36 %. Elle s’est qualifiée au second tour avec 21 %… Pas dégagée mais affaiblie. Dans ce sondage de septembre, François Hollande était classé en troisième ou quatrième position, aux alentours de 13 %, parfois dépassé par Jean-Luc Mélenchon, 14 %. Le président sortant a renoncé à sa candidature le 30 novembre. Auto-dégagé.

François Bayrou soutenait Alain Juppé, et si Sarkozy était candidat il plafonnait entre 9 et 12 % en fonction de la présence ou de l’absence d’un certain Emmanuel Macron, qui oscillait entre 12 et 14 %. Il a rejoint Macron.

En bref, le second tour devait être une affaire entre le Front national, ultra-puissant, et le candidat de la droite, assuré d’entrer à l’Élysée.

De son côté, Manuel Valls attendait son heure. Sa dernière a sonné comme une humiliation, le 29 janvier, quand il a été battu par Benoît Hamon. Dégagé à son tour.

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Que s’est-il donc passé en l’espace de huit mois pour que les puissants soient abattus, et qu’un ovni de la politique française s’apprête, dimanche soir 7 mai 2017, à devenir le plus jeune président de la République que la France ait connu ? Comment cet homme a-t-il pu passer du stade de « bulle » à celui de recours, pour incarner un vote sans doute négatif, sans doute « par défaut », mais finalement majoritaire ?

Certaines réponses avancent l’hypothèse d’une espèce d’opération publicitaire organisée par le système économique et médiatique pour imposer Macron aux Français. Cette hypothèse ne suffit pas à expliquer sa montée en puissance. Quelque chose a échappé à toutes les prévisions. Le rappel des fameux sondages est là pour attester que l’événement n’était prévu par personne. Les chaînes d’info en continu ont disserté pendant mille heures de perspectives qui ont été soufflées.

L’ascension d’Emmanuel Macron s’explique par les erreurs ou les fautes de tous ses adversaires. Chacun a gaspillé, ou amoindri ses chances. La victoire probable de l’élu de 2017 est la somme des occasions perdues par ses concurrents directs.

Prenons la droite qui n’a pas seulement laissé passer son tour, mais qui s’est suicidée par absence de courage et par négligence morale. Dès la fin du mois de janvier, François Fillon ne pouvait pas demeurer candidat. Il était plus démonétisé qu’un mark allemand sous la République de Weimar, quand il fallait une brouette de billets de banque pour acheter une baguette de pain. Sa candidature était techniquement impossible, tant l’homme était déconsidéré, et elle était inconcevable sur le plan de la morale. Le grand chef dont on découvrait les petites manigances s’enfonçait dans des mensonges d’école primaire et des défenses délirantes. Il devait laisser la place. Parce que Sarkozy pensait tirer les ficelles et ne faisait que les emmêler, parce que des ambitions contraires pouvaient entrer en conflit, parce que des jusqu'au-boutistes ont afflué au Trocadéro, et parce que la droite se sent propriétaire du pouvoir, elle a laissé filer son Titanic en loques vers l’iceberg du premier tour.

Prenons maintenant Marine Le Pen. La grande question était de savoir si elle se heurterait au plafond de verre du front républicain après avoir remporté le premier tour. Or elle n’est pas sortie en tête, son score était en deçà de ses espérances, mais elle s’est surtout cognée aux limites de sa campagne et de son arrogance décalée. Ricaner jaune ne suffit pas. Le débat de mercredi, tragique pour elle, a toutes les chances de jeter le Front national dans une crise existentielle. La lutte entre les anciens et les prétendus modernes couvait depuis longtemps, elle reprendra dès lundi.

Marine Le Pen se distinguait par le concept de « dédiabolisation », elle l’a dézingué en direct, en renvoyant son parti familial à sa dimension originelle : une faction de soudards de la gueulante. L’extrême droite est encore puissante, mais en crise assurément. Symptôme de ce changement : la semaine dernière, la candidate frontiste pouvait se promener dans une France qui s’était comme acclimatée à ses excès, elle pouvait se moquer de son adversaire qui se faisait siffler à Amiens. Ces jours-ci, elle a reçu des œufs sur la tête, à Dol, jeudi, et Reims, vendredi.

Prenons encore le cas de la gauche socialiste que Manuel Valls espérait récupérer, pour en faire un tremplin. Comment l’ancien premier ministre a-t-il pu croire qu’il suffirait de casser le PS en deux, une aile droite et une aile gauche inconciliables, pour en faire une fusée qui le mettrait en orbite ? Il s’est passé ce qui devait arriver. L’un des morceaux est allé à Benoît Hamon en le réduisant à 6 %, des éclats sont partis vers Jean-Luc Mélenchon, et la plus grosse des portions a vogué vers Emmanuel Macron.

Prenons enfin le succès paradoxal de Jean-Luc Mélenchon. Il a réussi son pari, envoyer le PS en enfer, mais il plafonne dans son envol. Homme fort de la campagne du premier tour par son sens de l’organisation, son charisme, et son talent de tribun, il s’est heurté à lui-même. Avec la croissance des insoumis, son audience a beaucoup grandi, mais son incapacité à nouer des alliances, sa manière de transformer en trahison les divergences ou les critiques de ses partenaires potentiels, l’ont réduit à sa personne et à la foule de ses fidèles. Depuis cinq ans, il a méthodiquement honni le PS dans un jugement global, jusqu’à jeter dans un même sac les frondeurs et les soutiens de Valls. Il s’est fâché avec les écologistes. Il a dénoncé les communistes après les municipales et les pourfend maintenant à propos des législatives.

Ce tout ou rien a du panache, il aimante de nombreux soutiens (le score du premier tour est là pour le prouver), mais combien d’alliés et d’électeurs potentiels ont été repoussés ? Or ces renforts, qui ne se sentent pas hostiles aux insoumis mais refusent de se soumettre à eux, sont nécessaires pour que la gauche puisse encore exister. Mélenchon ne sera pas président, il est l’homme fort de la gauche, mais la gauche est affaiblie. Le total de ses électeurs plafonne à 27 % quand il atteignait les 43 %, cinq ans plus tôt. Des alliances sont donc vitales pour éviter un désastre aux prochaines législatives.

Résumons : la droite aurait dû gagner mais elle a sombré, l’extrême droite pouvait prospérer mais elle s’est ridiculisée, la gauche conduite par Mélenchon aurait pu s’élargir mais elle est morcelée. Les battus de la présidentielle n’ont pas tous la même responsabilité, ni le même degré d’échec, mais ils ont un point commun. Ils ont offert leurs occasions manquées à Emmanuel Macron, qui n’en a perdu aucune.

 

Source Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/060517/croquis-la-victoire-des-occasions-perdues

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05 mai 2017

SIBETH NDIAYE CELLE QUI PARLE À L’OREILLE E. MACRON

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Cap sur la galaxie Macron ! Les résultats du premier tour de la présidentielle qui consacrent 23.75% à Emmanuel Macron contre 21.53% à Marine Le Pen, hissent le candidat d’En Marche sur le podium des prétendants les plus sérieux à l’Élysée, et consacrent ainsi un nouveau chapitre de la politique française. Une autre façon de voir, faire et concevoir la politique. Avec ce cap que nous mettons au cœur de la machine Macron, vous apprendrez à découvrir une femme. Une fille de la République, une française issue de l’immigration comme tant d’autres, une jeune résolument déterminée à changer les choses. Elle c’est Sibeth Ndiaye. Portait d’une graine de championne.

Si notre dévolu se jette sur elle, c’est qu’il y a matière à apprendre. Au cœur de la galaxie de ce jeune énarque de 39 ans, ancien banquier d’affaires chez Rothschild et Cie, arrivé de manière inopinée en politique et visiblement affranchit d’idéologies politiques, vous trouverez Macron. À ses côtés, Sibeth Ndiaye. qui est-elle, penserez-vous. Elle est le cap à passer pour tout média voulant interviewer Emmanuel Macron. Cadette du candidat de deux ans (37 ans), la jeune femme, native du Sénégal, naturalisée Française, il y a moins de dix ans, est la chargée de communication et de la presse d’Emmanuel Macron.

Si son prénom (Sibeth), en « Diola », veut dire celle qui a « remporté beaucoup de combats », c’est qu’elle porte sans doute en elle l’étoffe d’une combattante. Sibeth est discrète, certes ! Mais elle a déjà le goût de l’arène politique. Titulaire d’un DESS en économie de la santé, elle est passée par la case du syndicalisme étudiant. De tendance strauss-kahnienne, elle est au PS depuis 2002 où elle a été secrétaire nationale en charge de la petite enfance. Ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, elle a aussi dirigé le service de presse de Claude Bartolone au département de Seine-Saint-Denis.

« Le Pen en deuxième position, cela a été le déclic. Surtout quand, comme moi, tu es étrangère. À l’époque, je vivais à Paris. Je me suis, de suite, engagée », confie Sibeth Ndiaye sur un site français. Celle qui doit son passage du syndicalisme à la politique, à l’accès de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle française de 2002, a sûrement en politique des beaux jours devant elle, comme sa compatriote Rama Yade ou Aïssata Seck, porte-parole de Benoit Hamon. Mais ce qui inéluctablement propulserait sa carrière politique, c’est la victoire du favori des sondages : Emmanuel Macron, candidat déclaré de la Liberté pour tous les Français, l’Egalité à tous les français et la Fraternité manifestée à tous français.

NegroNews

Posted on 5 mai 2017 par  dans Arnaud MontebourgBanqueBenoît HamonBercyClaude BartoloneDominique Strauss-KahnElyséeEmmanuel MacronEn Marche (Emmanuel Macron)Front NationalIdéologies politiquesJean-Marie Le PenMarine Le PenPolitiqueRama YadeRépubliqueSeine-Saint-DenisSénégalSibeth NdiayeSyndicat 

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02 mai 2017

Présidentielle: Sortie ou pas sortie de l’euro ? Trois questions sur la position mouvante de Marine Le Pen

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Nicolas Raffin avec AFP : Publié le 02.05.2017 à 16:23 Mis à jour le 02.05.2017 à 16:23

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MONNAIE La candidate frontiste a un peu adouci son discours…

  • Marine Le Pen veut passer par la voie de la négociation pour revenir au franc, tout en conservant l’euro en « monnaie commune ».
  • Les délais de cette négociation restent flous, tout comme les conséquences d’un tel choix monétaire.

A quelques jours du second tour de la présidentielle, Marine Le Pen cherche à séduire le plus grand nombre d’électeurs, quitte à se montrer moins catégorique sur le statut de la France dans l’ Union européenne et sur la sortie de l’euro. Le « pacte de gouvernement » signé avec Nicolas Dupont-Aignan prévoit selon ce dernier une « transition de la monnaie unique à la monnaie commune ».

>> Lire aussi : Sur l'Europe, Le Pen et Macron ont des propositions radicalement opposées

« Sur l’euro, j’avais évolué et je pense avoir convaincu Marine Le Pen qu’il fallait prendre le temps de la négociation » a expliqué le président de Debout la France. Sur ce sujet, l’enjeu est de rassurer les retraités qui sont plus de 80 % à se déclarer hostiles à l’abandon de l’euro et au retour au franc, selon un sondage Ifop pour Le Figaro et la fondation Robert-Schuman.

Marine Le Pen a-t-elle changé de position au sujet de l’euro ?

Non, mais le thème est devenu moins central. Dans son programme de 2012, la candidate frontiste évoquait clairement l’idée du retour à une monnaie nationale, le franc, tout en promettant de transformer l’euro en « monnaie commune », qui serait utilisée pour les échanges internationaux.

Cinq ans plus tard, la proposition n°35 de la candidate frontiste évoque toujours le rétablissement d’une monnaie nationale, sans mentionner le franc. Mais dans la profession de foi envoyée aux électeurs avant le second tour, la référence à l’euro a disparu. Marine Le Pen y promet seulement de « renégocier les traités européens » pour « retrouver notre souveraineté nationale ».

Deux monnaies qui « cohabitent », est-ce possible ?

Oui, mais les conséquences ne sont pas forcément prévisibles. Selon Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille, « en termes de système monétaire, tout est possible. Par exemple, à Cuba, il y a un peso inconvertible à l’intérieur du pays et un peso convertible distribué aux touristes. » Le spécialiste affirme que les principales difficultés que poserait la cohabitation d’un euro « monnaie commune » et d’un franc « monnaie nationale », seraient de savoir « dans quelle monnaie on est payé et comment est fixée la parité. Par exemple, je travaille en France mais j’habite en Belgique. Si mon salaire était versé en francs, je devrais ensuite le convertir pour pouvoir l’utiliser sur mon lieu de résidence. Cela entraînerait des coûts. »

>> Lire aussi: Que contient l'accord entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan?

Pour le professeur d’économie, « l’ensemble de cette proposition reste peu détaillé. On ne sait pas trop où ils veulent aller : ils veulent peut-être revenir au système d’avant l’euro, où chaque pays avait sa devise, avec des fluctuations de taux de change très faible. Cela fonctionnait, mais le vrai problème ce serait de faire la transition vers ce système, qui impliquerait des coûts énormes ».

Quel délai de négociation ?

C’est flou. Ces derniers mois, Marine Le Pen a affirmé que la négociation à Bruxelles commencerait « immédiatement » après son élection, qu’elle durerait « six mois », et serait suivie par un référendum. En avril, changement de cap : la candidate affirme qu’elle préfère attendre les élections législatives en Allemagne (septembre 2017) et en Italie (début 2018).

Samedi, Marion Maréchal-Le Pen a reconnu devant des journalistes qu’un délai de six mois pour négocier avec l’UE n’était « pas tout à fait réalisable », estimant même que le processus pourrait prendre « peut-être plusieurs années ». Lundi, Marine Le Pen a elle-même laissé la porte ouverte à un délai de négociation plus étendu : « J’ai fixé six mois, mais après tout, si ça dure huit mois ou dix mois ce n’est pas le sujet » a-t-elle affirmé.

>> Qui d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen correspond le mieux à vos idées ? Testez notre boussole ici dans sa version optimisée ou ci-dessous.

 

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30 avril 2017

#AKOURÉ2017 : ET APRÈS, C'EST QUOI LA PROCHAINE ÉTAPE ?

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Si telque je l'entend d'ici, qu'il s'agit d'une fête de la liberté, la logique aurait été d'avoir obtenu dans le même élan de courage et de défiance, la libération tout au moins de nos camarades injustement incarcérés dans les geôles de Dramane. Je pense notamment aux camarades Koua Justin, Dahi Nestor, Oulaï Hubert, Assoa Adou, Simone Gbagbo, Sam l'Africain, Gal Dogbo Blé, Cdt Jean Noël Abeyi, Samba David, etc et tous ces anonymes.
La fête aurait eu plus de sens à mes yeux quand on voit que lors des rares audiences auxquels nos camarades ont droit, ce ne sont que de tout petit groupuscule qui viennent les soutenir, un nombre loin d'être représentatif de ce FPI que tous nous nous réclamons.
Je salue biensûr cette initiative qui aura eu le mérite d'égailler et redonner un certain moral un certain sourire à cette population meurtries par les fables et frasques du régime Dramane, mais dans le fond, n'aurait-il pas été plus objectif et plus productif de commencer à montrer à ce pouvoir moribond, tout notre amour et notre soutien à nos amis qui défilent enchaînés au palais de justice du Plateau tout près ici à côté de beaucoup d'entre nous? 

#PlusFortUni

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25 avril 2017

CÔTE D'IVOIRE : DES SECRETS JAMAIS LIVRÉS SUR GBAGBO, SIMONE ET NADY. TOUT SUR LA GUERRE ENTRE LES DEUX ÉPOUSES DE L'EX PRESIDEN

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Ils ont convoité le pouvoir, l'ont conquis, avant de le perdre brutalement. Que reste-til de ce tandem qui présida, avec ses hauts et ses bas, aux destinées de la Côte d'Ivoire pendant une décennie ? Du fond de leurs geôles, nourrissent-ils encore des desseins politiques ?
 
Le jardin de l'ancienne résidence de Laurent Gbagbo, dans le quartier de la Riviera Golf, à Abidjan, est noir de monde. Un étendard «Gbagbo kafissa» («Gbagbo est mieux») a été hissé. En ce 11 avril 2017, quelque 200 partisans sont réunis pour commémorer l'arrestation de l'ancien président ivoirien, il y a six ans jour pour jour. Épongeant leurs fronts, ils écoutent un homme vanter au micro «la Côte d'Ivoire des résistants, des combattants, qui attend son fils Laurent Gbagbo pour continuer le chemin», à l'ombre d'un auvent décoré de rubans violets et bleus, on distingue les invités d'honneur: le professeur Armand Ouégnin - jeune frère de l'ambassadeur Georges Ouégnin, ex-chef du protocole de Félix Houphouët-Boigny - et l'ex-gouverneur de la Bceao Philippe Henri Dacoury- Tabley. 
 
Présents également, des proches de Laurent Gbagbo, comme son ancien conseiller Benjamin Djédjé ou Laurent Akoun ainsi que son fils, Michel, désormais maître des lieux, arborant un tee-shirt moulant et une casquette à son effigie. Soudain, un hymne à l'ex-chef de l'État retentit. Aboudramane Sangaré, chef de la frange du Front populaire ivoirien (Fpi) proGbagbo, fait alors son entrée, saluant «camarades» et «militants». Le «gardien du temple» ou «prési» comme on l'appelle ici, brille dans un costume orange pimpant, malgré un léger embonpoint. Il rend hommage, lui aussi, à son fidèle ami. «Bientôt, le travail sera accompli», lance-til. Comprendre: bientôt, il sera libéré. 
 
Curieusement, Simone Gbagbo est absente des discours. Pourtant, à Abidjan, le cas de l'ancienne Première dame fait l'objet de toutes les spéculations. Le 28 mars, elle a été acquittée de crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Mais, même si le procureur s'est pourvu en cassation, et que, condamnée en mars 2015 pour atteinte à la sû- reté de l'État, elle purge toujours une peine de vingt ans de prison, l'hypothèse d'une grâce présidentielle a soudain ressurgi et galvanise ses partisans. REBONDISSEMENT. 
 
Laurent et Simone Gbagbo. Six ans après son arrestation, l'ex-couple présidentiel qui a suscité fantasmes, rancœurs et passions fascine toujours autant. Dans certaines boîtes de nuit à Yopougon, quartier populaire traditionnellement acquis à l'ex-chef de l'État, on s'enivre en écoutant des titres à sa gloire. A la une des journaux de la presse bleue - pro-Gbagbo, en référence à la couleur du Fpi -, chaque rebondissement judiciaire le concernant est décortiqué autant qu'il est amplifié. On relate, sans jamais se lasser, les auditions des témoins à La Haye. Laurent et Simone Gbagbo. Tous deux en prison. L'un dans une cellule de 10 m² de la prison de Scheveningen, l'autre à l'École de gendarmerie d'Abidjan. Mais après six ans de séparation, que reste t-il de ce tandem unique en Afrique ? 
 
Leur destin est-il toujours lié ? Ce 11 avril, alors que les discours s'enchaînent, un jeune se faufile entre les chaises en plastique avec un album de photos consacré à «Seplou» - le surnom de Gbagbo au village, l'oiseau qui avertit du danger et annonce la guerre -, vendu 3000 F CFA (4,50 euros). 
 
un cliché des amoureux jeunes, se tenant la main, prise en janvier 1989 par un proche. Laurent est élégant avec son costume bleu nuit, sa fine cravate et sa pochette rouge. Vêtue d'une modeste robe bleu et blanc à carreaux, laissant échapper un sourire candide empreint de pudeur, Simone Ehivet devient officiellement Simone Gbagbo. Une cérémonie intime organisée en secret dans le bureau d'un adjoint au maire de Cocody, et à laquelle n'assistent que quatre personnes, dont les deux témoins du couple: Louis-André Dacoury- Tabley, l'ancien ministre des Eaux et Forêts, et sa femme d'alors, Victoire Ehivet, la sœur de Simone. Les premiers enfants de Laurent Gbagbo - Michel, issu de son premier mariage avec la Française Jacqueline Chamois, et Léa, née de sa relation avec Marcelle Kouassi - n'apprendront l'union de leur père qu'en rentrant de l'école. «J'ai régularisé», dira-t-il à un ami juste après. Depuis plus de dix ans déjà, leur couple se construit dans le militantisme et la lutte sans relâche contre le régime du président Félix Houphouët-Boigny. 
 
Lorsqu'ils se rencontrent, en 1973, Laurent Gbagbo est une figure de la lutte syndicale. Tous deux ont connu une vie sentimentale bien remplie. Simone a elle aussi été mariée et a donné naissance à trois filles, dont des jumelles, Patricia, Marthe et Antoinette. Elle donnera plus tard deux autres jumelles à Laurent. «Ce n'est qu'en 1978, peu de temps avant leur venue au monde, qu'ils ont emménagé ensemble, précise un membre de la famille. Les premières années, ils vivaient chacun de leur côté, elle à Blokosso, lui dans sa maison de la Riviera Golf.» En 1982, Laurent Gbagbo fuit la Côte d'Ivoire pour la France, via le Burkina. Il crée clandestinement le Fpi avec Aboudramane Sangaré, Émile Boga Doudou, Assoa Adou, Pascal Kokora, Pierre Kipré et, bien sûr, Simone Ehivet. 
 
Cet exil, qui dure six ans, marque la conscience politique du militant marxiste. Simone lui rend plusieurs fois visite à Paris. Mais pour elle, à Abidjan, le quotidien est nettement plus rude. Traquée par la police d'Houphouët, elle prend en main le Fpi avec Sangaré et elle éduque, seule, leurs deux filles. En parallèle, elle assume la charge de secrétaire générale adjointe du Syndicat national de la recherche et de l'enseignement supérieur (Synares), se bat contre la polygamie et pour le respect des droits de la femme. Au retour de Laurent, en 1988, elle lui confie les rênes du parti. Mais à la suite des manifestations du 18 février 1992, ils sont arrêtés, frappés, humiliés et emprisonnés pendant six mois. En 1996, ils sont victimes d'un accident de la route qui aurait pu leur coûter la vie. Ils porteront une minerve pendant de longues semaines. Simone est alors convaincue du destin quasi divin du couple. Et l'élu, c'est Laurent. «Elle avait trouvé l'homme incarnant les valeurs qu'elle défendait», raconte l'ex-ministre des Affaires étrangères, Amara Essy, ami de longue date de Laurent Gbagbo. Le 26 octobre 2000, à 15 heures, dans sa longue robe verte ornée de motifs violets, Simone est aux anges. C'est le plus beau jour de sa vie. Son mari est investi président de la République: l'aboutissement de plus de trente années de lutte durant lesquelles le pouvoir que le couple désirait tant avait semblé leur glisser entre les doigts. Le nouveau chef de l'État lui doit beaucoup et il le sait. «Soixante pour cent du job, c'est Simone», juge même un autre intime du couple. 
 
LUTTE DE PALAIS. Leur alliance politique est incontestablement une réussite. Mais en coulisses, derrière les sourires, se trame une lutte de palais digne de celles qui ont jadis opposé les reines mères aux favorites du roi dans les cours royales européennes. Simone connaît son mari. Elle sait qu'il est un homme à femmes et accepte ses nombreux écarts. Elle ignore, en revanche, qu'au moment où il accède au sommet de l'État, il en aime une autre. Au début des années 1990, au cours d'un de ses voyages en France, Laurent Gbagbo a fait la connaissance de Nadiana Bamba, surnommée plus tard Nady, originaire de la ville de Touba, dans le nord -ouest de la Côte d'Ivoire, le fief des « Fadiga » et des « Bamba ». L'amourette se mue en une véritable liaison mais demeure secrète. Les amants se voient en cachette, parfois dans un appartement situé juste en face du domicile de Gbagbo. 
 
C'est en 2000, pendant la transition militaire, que certains membres de leur entourage commencent à faire la connaissance de Nady, qui couvre la campagne présidentielle en tant que correspondante d'Africa n° 1 à Abidjan. Son appartement du quartier populaire des 220 Logements, dans la commune d'Adjamé, sert de temps à autre de refuge à celui qui est alors le premier opposant. Selon plusieurs sources, c'est là qu'en octobre 2000, à l'issue de l'élection présidentielle, il lance son appel à l'insurrection civilo- militaire pour arracher le pouvoir à la junte du général Robert Gueï. Dès l'accession de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême, Nady Bamba est affublée du surnom de Petite Maman, pour éviter la confusion avec Simone, que l'on appelle la Vieille ou Maman. En 2001, Laurent et Nady scellent leur union selon les rites coutumiers mahouka et musulman. Comme le veut la tradition, ils ne sont pas présents lors de la céré- monie - c'est Eugène Allou, le directeur de protocole de Gbagbo, qui représente ce dernier. Distillées dans la presse d'opposition, des fuites au sujet de ce mariage créent un malaise au palais présidentiel, accentué par la naissance, le 30 juillet 2002, de leur fils, David Al Raïs. Au sein de la famille, cet événement est très mal vécu. Le chef de l'État doit convoquer ses enfants, les en informer officiellement et leur demander de l'accepter. 
 
CASSURE. Cet événement provoque une cassure entre Laurent et Simone, et accentue le dépit amoureux de cette dernière. De fait, à partir de 2002, les premières divergences dans le couple apparaissent, notamment quant à la position à adopter vis- à-vis de Paris sur la question de la rébellion qui a éclaté dans le Nord. Un certain rapport de force s'instaure même. En 2003, alors qu'ils dînent ensemble chez l'ambassadeur de France, Gildas Le Lidec, en compagnie de Michel de Bonnecorse, chef de la cellule Afrique de l'Élysée, la Première dame prend à partie ce dernier. «Vous, les Français, vous avez dé- cidé d'avoir notre peau et tout fait pour que les rebelles entrent dans Abidjan dès les premiers jours de la rébellion», lui assène t-elle. L'échange est musclé. Laurent doit calmer Simone. Arrivé au pouvoir à la surprise générale, le chef de l'État comprend l'importance d'obtenir des alliés politiques sur le plan international. Son lien avec la France est fort, c'est à Paris qu'il a fait son école du pouvoir. Il raconte même tenir son prénom d'un officier français mort au combat dans les bras de son père. Simone vient elle d'une aire culturelle différente. CÔTE D'IVOIRE Des secrets jamais livrés sur Gbagbo, Simone et Nady Tout sur la guerre entre les deux épouses de l'ex-président Six ans après son arrestation, l'ex-couple présidentiel qui a suscité fantasmes, rancœurs et passions fascine toujours autant, écrit JA. Ils ont convoité le pouvoir, l'ont conquis, avant de le perdre brutalement. Que reste-til de ce tandem qui présida, avec ses hauts et ses bas, aux destinées de la Côte d'Ivoire pendant une décennie ? Du fond de leurs geôles, nourrissent-ils encore des desseins politiques ? 
 
SUITE PAGE 5 http://www.linfodrome.ci L’inter N°5656 du Mardi 25 Avril 2017 - Page 5 P O L I T I Q U E Elle est plus préoccupée par la culture locale, la langue. Elle est plus enracinée, apparaît plus fermée et animée de ressentiments. Elle considère que la crise peut et doit se résoudre à domicile. «Ils ont été un couple politique, mais il est important de les dissocier. Lui, c'est lui. Elle, c'est elle», insiste un proche de l'ancien président. Surtout, la Première dame est le produit de la culture messianique ivoirienne. Dans un pays où Laurent Gbagbo a été annoncé comme étant le premier président "Born again", ça compte. Le chef de l’État le sait. Et même s'il ne partage pas forcément la foi évangélique de sa femme, il va l'utiliser. «Il connaissait l'influence des prophètes en Côte d'Ivoire. Cela l'a amené à utiliser ce registre pour mobiliser les masses. C'était pour lui un instrument politique», explique un fin connaisseur de la sphère Gbagbo. En bon chef bété, Gbagbo utilise les atouts des deux femmes. Simone est une femme politique qui ne vit que pour la lutte.
 
Au Fpi, qu'elle implante dans le Sud-Est, sa parole a du poids, et on craint ses colères froides. Députée d'Abobo, elle participe activement à la vie du parti qu'elle a contribué à fonder, à la fois en tant que vice-présidente et en tant que présidente du groupe parlementaire. Début 2006, elle devient également secrétaire générale du Congrès national de la résistance par la démocratie (Cnrd, regroupement de toutes 1es forces politiques de la mouvance présidentielle). Pour un proche, le président «a toujours été fier d'avoir une épouse de cette dimension». Mais dans le même temps, il laisse Nady tisser peu peu son réseau, bénéficiant de la bienveillance de Jeannette, la sœur de Laurent Gbagbo, qui ne s'est jamais entendue avec Simone. Petit à petit, si c'est bien lui qui gouverne, le pouvoir se divise entre les partisans de Nady, qui vit dans les appartements du palais, et ceux de Simone, qui demeure jusqu'au bout la régente de la ré- sidence officielle des chefs d'État, dans le quartier de Cocody-Ambassades APPÂT DU GAIN. Les premières années, Simone, elle- même issue d'une famille multirecomposée de dix-huit enfants, accepte cette situation. Elle n'est pas du genre à se plaindre, crée son propre cercle au sein du gouvernement et auprès de certains sécurocrates du régime. Mais elle enrage en coulisses, accusant Nady d'être à l'origine du dévoiement d'une partie du clan Gbagbo, qui cède à l'appât du gain. Un jour de 2007, elle dé- barque par surprise dans les appartements de son mari au palais. Pris de panique, les gardes jettent les affaires de sa rivale par les fenêtres (...) 
 
Après cet épisode rocambolesque, Nady Bamba s'installe officiellement à Yamoussoukro. «Les cinq dernières années du mandat de Gbagbo ont été très dures pour Simone, croit pourtant savoir un ancien baron du régime. Elle les a mal vécues. Son influence auprès de Gbagbo n'a cessé de diminuer. Avec elle, Laurent gardait la tête froide, alors qu'il était méconnaissable devant Nady.» Peu de temps après sa «descente» au palais, Simone menace même de se retirer dans son village natal de Moossou, dans la commune de Grand - Bassam. Il faut l'intervention des parents de Laurent pour qu'elle y renonce. La Première dame se réfugie dans la religion. Le couple Gbagbo, au sens premier du terme, n'existe plus, mais à chaque moment difficile, dès qu'elle sent son mari en danger ou que son pouvoir est menacé, Simone est derrière lui, jouant un rôle de militante de base au sommet de l'État. Lors de la présidentielle de 2010, elle mobilise le Sud. Mais ne rate pas une occasion d'attaquer sa rivale. C'est à Nady que Gbagbo a confié la campagne dans le Nord musulman, ainsi que toute la communication et la gestion d'une partie des contributions financières venues de généreux donateurs. Elle a même installé le QG dans l'une de ses propriétés. Aussi, après le premier tour, alors que les résultats sont mauvais dans le Nord, Simone n'hésite pas à les imputer directement à sa concurrente. Elle se sert des frustrations que les nouvelles attributions de Nady n'ont pas manqué de créer au sein du parti et reprend le contrôle d'une campagne qui se durcit. Elle se rend même au QG d'Abidjan, où elle n'avait jusquelà pas mis les pieds, et se démène sur le terrain, notamment à Abobo, où elle est élue depuis 1996. En revanche, Nady tient toujours les cordons de la bourse. Selon un baron de l'ancien ré- gime, au moins 10 milliards de F CFA ont été mis à sa disposition. Mais pour une majorité des barons du régime, sa participation à la campagne est un échec. «DIABLE». 
 
Après le second tour, si Laurent et Simone occupent deux ailes différentes de la résidence, cette dernière défend le régime bec et ongles. Elle est aux côtés de son mari lorsqu'il est investi, le 4 décembre 2010, alors même que l'Union africaine et la communauté internationale reconnaissent la victoire d'Alassane Ouattara. Le 15 janvier 2011, elle réunit plus de 5 000 personnes et use de cette fibre messianique qui galvanise les foules: «Le temps des débats sur les élections entre Gbagbo et le "chef bandit" est passé. Notre président [Laurent Gbagbo] est vigoureusement installé au pouvoir et il travaille, ditelle. Le diable [Nicolas Sarkozy] est persévérant dans la défaite. C'est parce que le diable est persévérant que notre pays est dans la tourmente. Aujourd'hui encore, ce diable persiste.» Enfin, c'est avec elle, et non Nady - terrée dans un lieu tenu secret à Abidjan, elle part le 31 mars pour Accra -, que Laurent est arrêté, le lundi 11 avril à 13 h 08, dans le sous-sol de la résidence, avant que le couple soit amené au Golf Hôtel d'Abidjan. La séquence filmée marque toute l'Afrique. Plus tard, Simone dénoncera le traitement qui lui a été réservé. «Je suis arrivée à l'hôtel du Golf les fesses à l'air, ma nudité exposée, j'ai subi plusieurs tentatives de viol en plein jour [...] et tout cela en présence des soldats français qui filmaient», accuse-t-elle. Pour la première fois depuis des lustres, le couple est séparé. Elle est envoyée à Odienné, dans le nord-ouest du pays, où elle reste en résidence surveillée dans des conditions plutôt bonnes jusqu'en décembre 2014. Selon un prêtre qui l'a côtoyée il y a peu, elle dit aujourd'hui qu'Odienné «a été un moment d'apaisement où je me suis retrouvée avec Dieu». Elle se réfugie dans la prière et la lecture d'ouvrages religieux. 
 
Pendant ce temps, Laurent est gardé à Korhogo, dans le Nord, avant d'être transféré, dans la nuit du 29 novembre 2011, à la prison de Scheveningen, à La Haye. Simone, elle, a finalement atterri à l'École de gendarmerie, où une partie de la maison d'un officier a été réquisitionnée pour elle - 50 m², avec un salon, une chambre et une salle d'eau. Et chacune de ses apparitions devant la cour d'assises d'Abidjan a été décrite par le menu par la presse ivoirienne, insistant sur ses cheveux blancs rasés ou recouverts d'une perruque, son pagne marron et son écharpe violette sur l'épaule ou sa tunique rose et blanche. Affaiblie par un diabète et des douleurs au dos, l'ancienne Première dame suit actuellement un régime diététique strict. Tous les jours, un parent éloigné vient lui préparer à manger. Loin du faste d'antan, elle reçoit ses visiteurs deux fois par semaine, le jeudi et surtout le samedi, essentiellement des membres de sa famille et un pasteur. Elle connaît l'Ancien Testament par cœur mais ne se lasse pas de le lire, encore et encore. Surtout, elle n'a pas coupé les ponts avec son mari, malgré la distance. Leurs avocats, ainsi que deux amis communs ivoiriens dont l'identité est tenue secrète, se chargent de transmettre les messages. À travers ceux ci, ils se soutiennent, tous deux persuadés d'avoir été les victimes d'un complot. «Même si leur couple au sens strict du terme n'existe plus, Gbagbo sait que leurs destins politiques sont toujours liés», confie un ami de très longue date. Nady rend visite à l'ancien président tous les jours lorsque celui-ci ne comparaît pas dans le box des accusés. Le dé- tenu lui consacre beaucoup de temps, ainsi qu'à leur fils. Entretenue financièrement par un homme d'affaires qui n'a pas tourné le dos à Gbagbo malgré sa chute, c'est aussi elle qui, entre Cotonou, Accra et Bruxelles, où elle s'est installée avec Raïs - son interdiction de voyager en Europe et le gel de ses avoirs sur le Vieux Continent ayant rapidement été levés après la crise -, coordonne la mobilisation en sa faveur. Mais, comme ce fut le cas avec Simone, Gbagbo est le seul à décider de la marche à suivre et des relais à actionner, attentif à l'actualité de son pays. Au lendemain des législatives de décembre 2016, il a appelé l'un de ses amis pour connaître le taux de participation dans sa région natale... 
 
RANCŒURS. À 71 ans, Laurent Gbagbo sait aussi que «d'une certaine manière, le sort qu'il a réservé à Simone en imposant Nady en a choqué plus d'un», selon ce même ami, et que sa seconde épouse suscite énormément de rancœurs au sein du Fpi, toutes tendances confondues. «C'est un sujet sensible», concède un membre du parti. Car, le Fpi, c'est Simone. Ce n'est pas un hasard si la crise interne au sein du parti a démarré quand Pascal Affi N'guessan a tenté de l'exclure de la direction. Depuis, elle a gardé des liens étroits avec la tendance dirigée par Aboudramane Sangaré, au sein duquel elle a placé ses «petits». Dans l'imaginaire ivoirien, elle reste l'unique Première dame. A Mama, le village natal de Gbagbo, où ce dernier a fait construire dans les années 2000 une imposante demeure que Simone avait elle-même décorée, au cœur d'un jardin verdoyant de 15 hectares, le nom de Nady Bamba suscite gêne et interrogations. «J'ai déjà entendu ce nom. Peut-être même qu'elle est déjà venue ici mais je ne sais pas qui elle est», explique Yannick, un ancien employé de maison. Ici, l'acquittement de Simone a été vu comme «un miracle de Dieu». Âgée aujourd'hui de 67 ans, pourrait-elle être graciée ou bénéficier d'une mesure d'amnistie? L’équation est plus complexe qu'elle n'y paraît. «Elle ne demandera jamais cette grâce. Si le pouvoir la propose, c'est différent. Mais nous espérons plutôt une annulation de son mandat de dépôt», estime un de ses proches. 
 
La présidence, surprise par l'acquittement de l'ancienne première dame, indique que les procédures iront à leurs termes et que le président avisera ensuite. La question ne sera pas simple à trancher. «Quel intérêt aurait Alassane Ouattara à gracier Simone alors que la Cpi la demande et que Laurent est encore jugé à La Haye ?», s'interroge un ministre. Car, si elle retrouve sa liberté, elle essaiera de reprendre les rênes du Fpi. «Cela a toujours été son ambition. Même Laurent ne pourrait pas l'en empêcher. Simone est toujours un animal politique», conclut un ami du couple. 
 
Source: Jeune Afrique N.B.: Les titres sont de la Rédaction 

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24 avril 2017

PRÉSIDENTIELLES FRANÇAISES : 2017, LE COUP D’ÉTAT

Coupdetat

« Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance ».

                                                                                                                        Louis Calaferte.

 

 

AVERTISSEMENT :

Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le sérieux de leurs publications. Préférez les sites de recherches universitaires. A ceux qui disent que cet article est complotiste, il s’agit, tout simplement, d’un propos irresponsable qui a pour objectif de discréditer toutes critiques à l’égard de pratiques qui mettent en danger la démocratie. Mais plus grave encore cela permet de les avaliser. Il est urgent de cesser ce genre d’accusation un peu simpliste et de poser les vraies questions. En l’occurence a-t-on oui ou non utilisé l’appareil d’État à des fins de stratégies politiques? Les relais d’influence sont -ils réels ? Les media et les instituts de sondage sont ils indépendants? etc. Ce sont les questions centrales du débat.

Propos liminaires.

Une fois de plus, cet article est long. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie

L’heure est grave.

Avant –propos.

En 2005, vous avez, pour certains d’entre vous, participé au referendum du TCE (Traité pour une Constitution Européenne) vous avez détesté le battage médiatique outrancier pour le « oui » ? Vous avez applaudi son rejet par 55% des Français ? Vous avez protesté contre la transformation du TCE en Traité de Lisbonne adopté par le Parlement réuni en Congrès en 2012 ? Vous avez hurlé au déni de démocratie ? Un coup porté à la voix du peuple…un véritable coup d’État ?

Eh bien c’est, à peu de chose près, ce qui se passe aujourd’hui pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron.

Dans « Macron ciblé par la CIA » publié sur ce même blog (que je vous conseille de lire avant cette publication) il a été démontré comment ce jeune banquier-énarque a été porté au cœur de l’appareil d’État par des apparatchiks européistes et atlantistes.

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.

Lisez attentivement ce qui est écrit. C’est édifiant !

EN GUISE D’INTRODUCTION

La candidature de Macron : un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

Un article signé Bruno Roger Petit, dans le numéro de « Challenges » du 15 mars 2017 et titré « Mélenchon et sa constituante : l’inquiétante promesse d’un coup d’état permanent… » raconte : « Depuis des mois, sous prétexte de renouveau démocratique, Jean-Luc Mélenchon promet une assemblée constituante pour aller à la VIe République. En apparence, c’est démocratique, mais si l’on y regarde de plus près, ce projet du futur Mélenchon s’apparente à un coup d’État populiste ».

Cet article est, en vérité, un contre feu. Il est l’arbre qui cache la forêt.

Après s’en être pris, sur le même registre, à Fillon et à Le Pen, Bruno Roger Petit qualifie, avec une mansuétude consternante, la candidature de Macron de « 18 Brumaire de la bienveillance ». Mansuétude ? Pas tant que ça. L’employeur de ce journaliste n’est autre que Claude Perdriel, patron de presse et… soutien actif de Macron.

L’observation est cocasse dans la mesure où c’est en France, à l’occasion du 18 Brumaire, que nait l’expression « coup d’État », celui de Bonaparte…

Ce journaliste serait-il assez pervers pour nous suggérer de façon subliminale ce qui en train de se tramer dans cette élection ? Après l’analyse, pour le moins farfelue, de la constituante de Mélenchon (que dire alors de la Constitution de 1958 !?!), voyons si la candidature de Macron est un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

AUTOPSIE D’UN COUP D’ÉTAT

D’un point de vue historique – y compris dans l’époque contemporaine – le coup d’État a été l’un des moyens les plus fréquemment utilisés pour accéder au pouvoir. D’ailleurs selon les spécialistes plus de la moitié des gouvernements du monde le seraient devenus grâce à ce procédé.

On peut décrire de manière assez précise les techniques opératoires, violentes ou non, de la prise de pouvoir. Ainsi, on observe qu’il s’agit d’abord, pour les auteurs, de s’emparer des structures de l’État, de s’assurer de la maitrise de l’opinion publique, de veiller à une synergie avec le contexte international avant de légitimer le processus, soit par la force, soit par des élections.

Nous allons dans cette publication analyser tous ces points, un par un, en cherchant, à chaque fois, à valider l’hypothèse avant de conclure sur la dangerosité de l’avènement de ce pouvoir en France.

  1. S’emparer de l’appareil d’État

La technique de base du coup d’État consiste à s’emparer des organes centraux de l’administration et en l’occurrence, des institutions de la République. Les auteurs, nous disent les spécialistes, appartiennent le plus souvent eux-mêmes, aux structures étatiques. Nous y sommes.

Qui sont les commanditaires ?

Il ne fait plus de doute maintenant que c’est François Hollande et son homme de confiance, Jean Pierre Jouyet, le Secrétaire Général de l’Élysée, qui sont à l’origine du projet qu’il faut bien définir comme un véritable coup d’État.

Hollande et Jouyet sont amis depuis 35 ans, des bancs de l’ENA jusqu’à l’Élysée. Les deux hommes se rencontrent à 23 ans. Ils viennent de réussir le concours de l’École Nationale d’Administration et doivent effectuer leur service militaire ensemble, à Coëtquidan, où ils partagent leur chambre avec Michel Sapin. Les trois jeunes hommes se lient d’une forte amitié qu’ils entretiennent sur les bancs de l’ENA (la promotion Voltaire). Hollande déborde d’initiatives, et souvent, Jouyet accepte de le seconder dans ses projets. À la sortie de l’ENA, lors des affectations, François Hollande, classé 8e, laisse le dernier poste accessible à l’Inspection générale des Finances à Jean-Pierre Jouyet.

Leur amitié n’a jamais été mise à mal. Quand en 2014, Jouyet prend les fonctions de secrétaire général de l’Élysée, il déclare : « c’est l’aboutissement de ma vie publique et d’une vie avec lui». Et de préciser : «« Pendant les réunions, je suis secrétaire général, après je redeviens le copain, on sépare ce qui est public et privé de façon plus simple que ce que je croyais» Il promettait alors pour conclure: «Je suis là pour le servir, pas pour le gêner. Je l’ai gêné une fois, cela n’arrivera plus ».

La gêne dont parle Jouyet, c’est quand il a accepté d’entrer dans le gouvernement de François Fillon, au poste de secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. François Hollande l’aurait très mal pris. « Mal pris » étant sans doute un peu fort…

Pour quel scénario ?

Hollande et Jouyet sont loin d’être des tendres, il faut que ce soit bien clair pour tous les lecteurs. Ce sont de fins observateurs – et acteurs – de la vie politique. Ils en connaissent les rouages, les stratégies, les us et coutumes, les trahisons et les fidélités.

Media et journalistes sont les instruments de leurs stratégies politiques et ils ont fait l’objet de manipulations constantes qu’ils ont parfois du mal à déjouer, tant leur connivence est forte et parfois incestueuse avec le pouvoir. C’est un jeu que maitrisent parfaitement les deux amis.

Pour Hollande et Jouyet (et d’autres qui leurs sont proches) ce n’est pas l’économie qui est en crise, mais le système politique.

Chez nos concitoyens, la rancœur est à son comble. « Cela fait plus de 40 ans que le libéralisme est au pouvoir, plus de 40 ans qu’on leurs demande de se serrer la ceinture, ceux là promettant des jours enchanteurs sans jamais qu’ils arrivent. 1000 milliards de déficit public en 10 ans (Sarkozy/ Hollande cumulé) disent-il, 10 millions de chômeurs et précaires, des pauvres de plus en plus pauvres, des riches de plus en plus riches ». Ils sont au bord de l’explosion et ne trouvent leur salut que dans des discours qui consistent à tirer un grand trait sur le passé. Force est de constater que nous sommes arrivés, aujourd’hui, à un point de rupture.

Les deux amis  en sont , évidemment, conscients et pour eux, l’heure est grave. Il apparait, dès lors, trop dangereux de ne pas intervenir sous peine de laisser les « populismes renverser la table ». Il faut agir vite, trouver l’antidote et résoudre la crise.

Ils font, assez tôt, le constat qui s’impose : il faut à tout prix poursuivre la politique économique engagée depuis plus de 5 ans et continuer l’intégration du pays dans l’Europe et dans l’économie mondiale. Mais ni François Hollande, ni Manuel Valls ne sont en capacité de le faire. Ils sont, l’un et l’autre, rejetés par l’opinion publique. Pour eux, ils agissent dans l’intérêt du pays et c’est dans l’intérêt du pays qu’ils doivent s’effacer pour pérenniser « l’œuvre » qu’ils ont entreprise.

La solution, c’est Jouyet qui l’a dans sa manche depuis un certain temps: c’est Emmanuel Macron! Hollande n’est pas chaud. Il doute de la fiabilité du jeune banquier.

Jeune et avenant, une tête bien faite, cursus parfait, bien conditionné sous la férule de Jouyet et d’Attali, faisant consensus chez les patrons des multinationales et de la finance mondiale, adoubé par les américains, les anglais et les allemands, inculte politiquement et donc facilement contrôlable, un tantinet imbu de sa personne, il est le candidat idéal pour ce coup de force. Sa feuille de route est rédigée : appliquer une politique européenne libérale et atlantiste en matérialisant une alliance gauche/droite, poursuivre la politique économique engagée et l’inscrire durablement dans l’avenir du pays en créant un grand parti démocrate et « progressiste », à l’issue des élections. Gageons qu’il n’ a pas fallu longtemps pour convaincre Macron.

Ce fut un peu plus difficile pour Hollande. Mais après l’avoir rassuré, Jouyet met Macron sur les rails très vite afin d’éviter qu’il ne soit contraint de se présenter à la primaire de la gauche. Il lui conseille de créer un mouvement plutôt qu’un parti car « compte tenu de l’ambiance, c’est préférable »…

Et Valls ?

Tout comme Hollande, Valls est, pour l’instant, mort politiquement. Il le sait, les sondages ont parlé. Sa désignation comme candidat ferait perdre le camp libéral. Sa mission est alors de représenter le courant libéral à la primaire de la gauche. Pourquoi ? Simplement pour calmer les libéraux du parti et éviter qu’on fasse pression sur Macron pour qu’il participe à la compétition. Car si ce dernier se présentait à la primaire, il serait battu et anéantirait, du même coup, les chances de réussite du projet. Mais pas seulement. La présence de Valls va aussi permettre d’estimer la force du camp libéral du parti et donc celle de  la solidité de la colonne vertébrale du futur « mouvement centriste », car sans eux, le nouveau parti ne serait qu’une coquille vide.

Hollande et son ami sont parfaitement informés de l’état d’esprit de la majorité des militants socialistes, et du désamour profond qu’il règne à l’égard de la politique gouvernementale. Ils sont quasiment certains du résultat de la primaire et de l’éviction de Valls. Mais,  dans le doute, ils vont miser sur Hamon. Pourquoi ? Encore une fois, l’élection de Valls serait contre productive. Hamon est celui qui cristallise l’aile gauche du PS et qui peut empêcher le « populisme » (cf. les objectifs de la NED) de gauche de progresser en le divisant. En langage clair : il s’agit de contenir Mélenchon dans son pré carré.

Comme prévu, c’est ce qui  va se passer.

Hamon est élu candidat. Les soutiens de Valls rejoignent, officiellement ou pas, un à un, le camp Macron et Valls lui même ne tardera pas. Le PS  sera réduit à sa plus simple expression et ne servira, à l’avenir, qu’à entretenir la division parmi les tenants de la gauche de transformation sociale, laissant ainsi le champ libre aux centristes pour mener à bien leurs desseins.

Le scénario à gauche et au centre est donc réglé. Il faut maintenant s’occuper des conservateurs.

La primaire de droite est incertaine. Une confrontation Sarkozy/ Juppé est pour Hollande et Jouyet du pain béni. Il y a des arguments pour les discréditer aux yeux de l’opinion publique. Et au besoin, on  peut à en fournir d’autres. Mais le destin leur sourira. C’est Fillon qui sort vainqueur. Il suffit de lui porter l’estocade. Une « bonne âme » téléphone au Canard Enchainé. On connaît la suite. L’Histoire nous dira qui était à l’origine de cette affaire. Mais, avec un peu de perspicacité, si ce ne sont pas les deux dont il est question ici, puisqu’ils démentent, il ne fait nul doute qu’un de leurs aficionados, ayant compris le sens de l’Histoire, s’est chargé de la basse besogne.

L’affaire est réglée. Les conservateurs sont hors champs.

Reste l’extrême droite. Rien de plus simple. Depuis Mitterrand, les socialistes savent s’en servir. Il faut tout faire pour que Marine Le Pen atteigne des sommets. « On » fait ce qu’il faut pour minimiser ce qui peut l’atteindre (cf. les affaires financières) et « on » dose savamment sa diabolisation. C’est Hollande qui sera le chantre de la lutte contre le FN dans cette séquence.

Les socialistes et les «populistes » de gauche neutralisés, les conservateurs anesthésiés, une confrontation Le Pen/Macron est donc probable. Une fois encore, le réflexe républicain écartera l’extrême droite …c’est donc boulevard et tapis rouge pour Macron.

Hollande et Jouyet ont dû discrètement échafauder ce scénario, un soir, autour d’un verre de champagne (Taittinger, épouse de Jouyet oblige) au cours de leurs vacances d’été car depuis de nombreuses années les couples Hollande et Jouyet se fréquentent régulièrement et partent en vacances ensemble. Petite précision qui n’est pas sans intérêt parce qu’elle situe bien la proximité de ces deux personnages. On ne part pas en vacances avec n’importe qui.

Vous pensez que ce sont des élucubrations ? La réponse est contenue dans une autre question : peut-on naïvement penser que ces deux là n’ont pas mis en commun leurs cerveaux pour monter cette opération ? Pour ceux qui sont éloignés de ce milieu peut être, mais pour les autres, les acteurs et observateurs politiques avisés, eux, savent qu’ils en sont parfaitement capables et qu’ils l’ont fait.

Et pour ceux d’entre vous qui en doutent encore, la lecture des faits, présents et à venir, devra suffire à attester, à peu de chose près, la véracité du propos.

Les théoriciens

Qui sont ils ?

C’est Aquilino Morelle qui va dévoiler le pot aux roses. C’était en avril 2014, cet ex conseiller de François Hollande (il était l’une des plumes des discours présidentiels) venait de quitter l’Élysée après la révélation de ses liens présumés avec l’industrie pharmaceutique et de sa passion pour les chaussures bien cirées. Dans la presse, il accusait l’entourage du chef de l’État d’avoir monté toute l’affairepour l’éliminer politiquement parce qu’il était trop à gauche. « Les Français ont voté pour le discours du Bourget, pas pour le programme des Gracques, dit il, ce sont leurs idées qui sont aux commandes tout simplement! Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, en est membre. Emmanuel Macron, je n’en sais rien, peut-être. Mais il n’a pas besoin d’y adhérer; il est totalement en symbiose avec eux ». Et de conclure : « Oui, c’est bien leur programme qui est appliqué aujourd’hui. Un programme pour lequel les Français n’ont pas voté ».

Mais qui sont ces gens dont parle Aquilino Morelle ?

Le nom « Gracques » a été donné à deux frères et hommes d’État romains Tiberius et Gaius Gracchus renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain (espérons que leurs contemporains aient le même succès !)

« Les Gracques » d’aujourd’hui, c’est un petit groupe d’hommes d’affaires, de hauts fonctionnaires et d’intellectuels qui s’activent depuis 2007 dans les coulisses du pouvoir pour convertir la gauche française au libéralisme. Pour la plupart, ils occupent des postes hauts placés, souvent dans des banques, des compagnies d’assurances, des fonds d’investissement. Tous ont fait au moins l’ENA ou HEC. Anciens du PS, pour beaucoup d’entre eux, ils ont peuplé les cabinets ministériels des années 1980 et 1990, servant les socialistes « modernes », Rocard surtout mais aussi Jospin, Fabius, Bérégovoy ou Strauss-Kahn. Quand la droite est revenue au pouvoir, ils ont déserté le service de l’État pour rejoindre (ah ! le pantouflage! ) le monde de l’entreprise. Ils y ont gagné beaucoup d’argent mais sans jamais abandonner tout à fait la politique. Aujourd’hui, ils sont dans les coulisses du pouvoir et ils ont des ramifications qui vont jusqu’au plus haut sommet de l’État.

Il est quasiment certain que c’est Jean-Pierre Jouyet qui a cofondé ce groupe semi-clandestin. L’ASPEN et la NED ont déterminé son cadre idéologique (lire « Macron ciblé par la CIA ? »). Voici ce qu’il dit  à propos de l’action des Gracques à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012 et ensuite. Lisez bien, car c’est tout simplement époustouflant:

« L’approche des Gracques entre les deux tours, celle d’un rapprochement des réformistes et des sociaux-démocrates, était préconisée aussi par Ségolène Royal. Elle n’a pas fait l’unanimité au PS. J’en ai pris acte. Nicolas Sarkozy m’a demandé de m’occuper de l’Europe. J’ai constaté que ce n’est un enjeu ni de droite ni de gauche, mais qu’il répond à un impératif national. J’observe qu’il s’est lancé dans une politique de réforme que les Gracques appelaient de leurs vœux. (!!!) Je remarque que l’homme a l’énergie nécessaire pour les mener à bien et qu’il est loin de la caricature de l’ultralibéral qu’on avait dessinée de lui ». Jouyet laudateur de Sarkozy ! Et maintenant Valls qui propose ses services à Fillon…No comment.

On y trouve des gens comme Roger Godino, Guillaume Hannezo, Gilles de Margerie, Ariane Obolenski, François Villeroy de Galha, Erik Orsena, Denis Olivennes directeur général d’Europe 1 et Lagardère Active (Paris-Match, JDD, Newsweb), Matthieu Pigasse, responsable monde des fusions acquisitions (fusac) et du conseil aux gouvernements de la Banque Lazard dont il est directeur général délégué en France. Il est propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendante qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post. Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l’Assurance regroupant la Fédération française des sociétés d’assurance et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance. Il préside également le Pôle International et Europe du MEDEF. Mathilde Lemoine, macro économiste Group Chief Economist chez Edmond de Rothschild Group et membre du Haut Conseil des Finances Publiques…et il y en a d’autres du même calibre.

Et qui participe aux travaux des Graques ? Cohn Bendit et…. Macron !

Les économistes.

Ce sont les mêmes que ceux de François Hollande !

Les économistes qui conseillent Macron aujourd’hui, sont les mêmes, exactement les mêmes, que ceux qui conseillaient Hollande en 2012. Ils faisaient partie du premier cercle et se nommaient  le « groupe de la Rotonde ». Il y avait Jean Pisani-Ferry , le boss, Philippe Aghion, Elie Cohen, Gilbert Cette, Jean-Hervé Lorenzi, les porte flingues et ….Emmanuel Macron.

On ne change pas une équipe qui gagne. C’est tout naturellement que l’Eysée demande à Pisani – Ferry, en janvier 2017, de prendre en charge le programme et les idées du mouvement de Macron. Et ce sont les mêmes fantassins qui vont l’épauler : Cohen, Cette, Lorenzi, Aghion.

Mais, arrêtons nous, un instant, sur Pisani-Ferry, l’alpha du groupe, pour bien comprendre la doctrine et les enjeux.

Jean Pisani-Ferry n’est pas n’importe qui et son influence sociale libérale européiste est grande dans le milieu. Il est un fervent défenseur d’un gouvernement mondial de l’économie au même titre que Jacques Attali. Il a été commissaire général de France Stratégie (ex commissariat au Plan) de mai 2013 à janvier 2017. Auparavant il a été directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, conseiller économique de Dominique Strauss-Kahn et de Christian Sautter au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, président délégué du Conseil d’analyse économique mis en place par Jospin, expert pour la Commission européenne et …le FMI. Autant dire qu’il est calibré.

Cependant, on ne peut cerner correctement cet économiste sans citer le cercle de réflexion « Bruegel » qu’il a cofondé il y a quelques années…

Le think tank Bruegel (sis à Bruxelles) est un centre de recherche qui couvre l’ensemble du champ des politiques économiques. Il est dirigé et financé sur la base d’un système de gouvernance associant des États membres de l’Union Européenne et des multinationales dont Areva, Deutsche Bank, Deutsche Telekom, EDF, Ernst & Young, Erste Bank Group, GDF Suez, Goldman Sachs, Google, Microsoft, Novartis, Pfizer, Renault, Samsung, Syngenta etc.

Président actuel Jean-Claude Trichet ex président de la BCE. Membre d’honneur d’Aspen France (Jouyet en est le président d’honneur), membre du comité de direction du groupe Bilderberg et président en exercice du groupe européen de la commission Trilatérale . Il est membre du conseil d’administration de EADS où il représente… les actionnaires. Pour l’universitaire Frédéric Lebaron, Jean-Claude Trichet « est le plus célèbre et le plus influent d’entre tous » les experts issus de l’inspection des finances, le vivier de Jouyet.

Président d’Honneur Mario Monti, ex commissaire européen et ex président du groupe européen de la Commission Trilatérale.

La boucle est bouclée. Nous sommes ici au cœur du réacteur des idées que Hollande et Macron ont puisé pour définir leur politique économique.

Les soutiens.

Les grandes fortunes de France choisissent Macron .

« Je lui ai fait rencontrer des milieux d’affaires, on a eu des réunions en Angleterre et il y aura des contacts directs entre Emmanuel Macron et la présidence des États-Unis» disait son mentor le richissime rocardien  feu Henry Hermand.

Mais Macron va aussi être présenté au « Tout Paris » par Jean-Pierre Jouyet, son parrain, qui dispose d’un carnet d’adresse aussi gros qu’un Larousse.

Jouyet a épousé en seconde noce Brigitte Taittinger (le champagne), ex- PDG des parfums Annick Goutal et actuellement directrice de la stratégie de Sciences Po. Les témoins du mariage furent François Hollande et feu Christophe de Margerie, le PDG de Total. 12ème patron du CAC 40. Quand on saura que Jouyet a été nommé en 2008, par Sarkozy, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et que tous les patrons du CAC 40 sont venus le voir dans son bureau, on aura tout dit…

Parmi les dix personnes les plus riches de France, quatre soutiennent officiellement Macron : Bernard Arnaud ( 1er fortune de France), François Pinault (4ème), Patrick Drahi (5ème ), Xavier Niel (9ème). Seul Serge Dassault (3ème) ne s’est pas prononcé officiellement mais il encense Macron et Le Drian, ministre de la défense. Et pour cause. Il a un business à faire tourner. A ceux là, il faut ajouter, Martin Bouygues, Vincent Bolloré, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Arnault Lagardère et ceux dont on ne connaît pas le nom car Macron ne souhaite pas publier la liste de ses donateurs. On comprend pourquoi.

Le choix du candidat

 » Macron, c’est entre nous, non pas simplement une question de hiérarchie – il sait ce qu’il me doit – mais une question de loyauté personnelle et politique » François Hollande – avril 2016.

Dans une publication précédente (« Macron ciblé par la CIA ») il est décrit avec précision comment cet homme a été choisi et porté au cœur de l’appareil d’état par des membres de l’oligarchie politique et affairiste en moins d’une dizaine d’années. Mois après mois, il a été façonné pour répondre exactement au calibrage des idées politiques de ses parrains, des « sociaux libéraux internationalistes » disent – ils avec pudeur…en fait des néo conservateurs mondialistes conformes à l’idée que se font les Etats Unis de ce que doivent être les démocraties occidentales.

Macron a été amené à devenir secrétaire général adjoint de l’Élysée, l’un des plus proches conseillers du Chef de l’État. Puis Ministre de l’Économie. Son recruteur et mentor politique, Jean-Pierre Jouyet est aujourd’hui Secrétaire Général de l’Élysée, autant dire le cœur de l’appareil d’État

Cette ascension, pour le moins épique, rappelle étrangement la pièce de théâtre  » La Résistible Ascension d’Arturo Ui  » de Bertolt Brecht…(à voir ou à lire impérativement)

Macron, intelligent mais immature…

Le profil psychologique et physique du candidat est très important pour ce projet. Il faut qu’il soit présentable, malléable et qu’il reste sous influence. Une forte personnalité aurait été contre productive et impossible à gérer.

Feu Henry Hermand, son mentor (lire « Macron ciblé par la CIA) , le connaît bien. C’est lui qui lui a mis le pied à l’étrier en politique. Voici ce qu’il en dit en septembre 2016, il y a donc 6 mois : « Il n’a jamais pris une décision importante sans m’en parler. Sur le plan politique, Emmanuel est trop jeune, il a besoin d’être recadré sur des connaissances historiques. Son épouse, est très présente à ses côtés. Elle a orienté ses lectures, joué un rôle dans ses cercles d’amis, veillé à ce qu’il ne se disperse pas ».

Hermand l’infantilise, et de façon anecdotique, il raconte un peu agacé : « Ce désir qu’il a de serrer toutes les mains qui se présentent à lui, même de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, est regrettable. Avec sa femme, on veut freiner ses tentatives de trop convaincre, on lui dit de se calmer!». Et il conclut en soulignant sa dépendance financière  et psychologique ( ?!)

C’est ce qu’en pense aussi l’entourage de Hollande qui le connaît bien ; « Macron apparaît comme un homme sous influences multiples » disent-ils. Espérons qu’il ne se perde pas…

La description psychologique qu’en font ses proches correspond exactement à l’objectif de ses traitants. Ce qui prouve, s’il en est encore nécessaire, que Macron est un personnage créé de toute pièce pour servir des intérêts puissants. Cette personnalité ne pouvait pas habiter un physique ingrat. Dents blanches, bien coiffé, « tête de premier de la classe » dirait Coluche, costumes de bonne facture, séducteur et charmeur, Macron est l’image même du quarantenaire qui a réussi. Il a sa « Rolex » au poignet.

Pour conclure ce chapitre, écoutons encore une fois ce que dit Henry Hermand : « Il incarne une tendance, il ne faut pas que ce soit personnalisé, il ne faut pas que ce soit M. Macron, il n’a pas d’expérience politique. Je demande qu’on mette en place un comité politique et non pas un comité de parrainage. Macron ne sera candidat que s’il a un mouvement d’opinion suffisamment fort avec des appuis politiques important et il ne fera déclaration de candidature que s’il dispose d’appui suffisant »

2) Le contrôle des media.

Justement. Le candidat dispose maintenant d’un bon encadrement politico-économique, il faut susciter  un mouvement d’opinion autour de lui. D’aucuns vont s’attacher à le provoquer.

Si la quasi totalité des media est acquise à la cause, c’est bien sûr parce que la dizaine de milliardaires qui soutient Macron en est propriétaire à 90%.

Voici ce qu’en dit Daniel Schneidermann (Arrêt sur Image) : « S’agissant de Macron (…) Xavier Niel et Pierre Bergé, copropriétaires du groupe le Monde, lui ont plus ou moins publiquement déclaré leur flamme. Rien, dans ce que l’on sait de lui, et du peu que l’on sait de son programme, n’est de nature à effaroucher MM. Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré ou Drahi. Ce qui ne signifie pas que les oligarques français soient pendus au téléphone chaque matin pour commanditer des unes, des éditos, ou des sondages favorables. Simplement, par capillarité intellectuelle, ils ont nommé à la tête des rédactions de «leurs» médias des journalistes macrono-compatibles, éventuellement macrono-indifférents, en tout cas jamais macrono-opposés, encore moins macrono-hostiles ».

Macron ne laisse rien au hasard. Il a organisé sa communication privée.

« Les politiques sont devenus un bon filon pour la presse people », analyse Marion Alombert, rédactrice en chef de ‘Voici’. « En ce moment, les Macron ont le vent en poupe. Leur couple intrigue, accroche. Et ils ont compris qu’une exposition bien gérée est une publicité efficace. »

Et Sylvain Fort, un porte parole « d’En Marche », de rajouter : « Il y a un contrat d’exclusivité moral avec Bestimage ( agence people des stars). Cela permet de mieux maîtriser leur image, le choix des photos qui circulent sur eux. Quand ils sont victimes de paparazzi, ils font appel à un photographe de l’agence, ils sont sûrs, ainsi, d’avoir des clichés plus avantageux. »

Résultat : en un an, dix couvertures de « VSD », quatre de « Paris Match », deux de « Closer » une de « Voici ». Quand on constate un tel matraquage médiatique autour de ce candidat, Il n’y a  plus rien à ajouter.

Petite précision: Michèle Marchand la directrice de Bestimage, fait partir du staff communication de la campagne….

3) Contrôle de l’opinion publique.

Il est utile de rappeler ici les recherches du sociologue Patrick Champagne sur les sondages. Son travail s’est articulé autour du problème central, en science politique, de l’analyse des formes de légitimation de la représentation politique.

D’une critique des logiques qui sont au principe de la mesure de l’opinion publique par les sondages, on est passé à une réflexion qui tente d’appréhender les effets, sur le champ politique, de la croyance en ces instruments. Cette évolution, qui se veut proche de l’évolution même de l’influence des sondages d’opinion sur les pratiques politiques, constitue le centre de la problématique du sociologue qui prend au sérieux les professionnels des sondages, même ceux qui sont peu sérieux scientifiquement, en les prenant au moins comme objet.

Champagne démontre que la croyance dans l’efficacité des sondages à exprimer « l’opinion publique » est indissociable d’une transformation des règles du jeu politique et particulièrement de l’importance croissante qu’on prit les journalistes et les spécialistes en communication. Ainsi, s’est mise en place la croyance selon laquelle « faire de la politique » c’est, notamment grâce à «une bonne communication», se situer le plus haut possible dans les cotes de popularités ».

On y est quand Macron ne déclare avoir nul besoin d’expérience politique et encore moins de programme pour être candidat. Il suffira pour lui d’avoir une bonne côte de popularité. Jouyet et Hollande l’ont bien compris. Ce sont eux et les économistes qui réfléchissent pour lui. Seule l’image compte, car si on entre dans le dur du programme, on s’apercevra rapidement de quels ventriloques Macron est le nom.

Et en voici la parfaite illustration :

Macron est intégré pour la première fois dans un sondage pour les élections présidentielles en janvier 2016. Le Monde titre : « Sondage : Emmanuel Macron préféré à Manuel Valls ou François Hollande pour 2017 » et en sous titre « Un sondage Odoxa pour « Le Parisien/Aujourd’hui en France » estime que le ministre de l’économie pourrait devancer le premier ministre et même le président ». Il est placé d’entrée de jeu à 22%.

Mais qui sont les commanditaires de ce sondage – test ?

Sans aucun doute le staff de Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire du « Parisien/ Aujourd’hui en France ». Signalons que Nicolas Bazire, proche de Sarkozy, est l’un des administrateurs de LVMH en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS. Mais ce qui est le plus intéressant ici, c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild…Il connaît très bien Macron avec qui il a travaillé dans la même banque. Quant à Odoxa, les deux fondateurs sont d’anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et… le fond d’investissement Rothschild ont été actionnaires.

Ce sont donc des proches de Macron qui l’ont mis en selle. On se doute bien à la demande de qui.

Curieusement sa côte moyenne était de 17% dans les sondages tout au long de l’année 2016. Elle a bondi de 7 points en janvier 2017, à 24% pour arriver à 26% des intentions de vote en mars, le plaçant en tête de tous les sondages. Et comme on sait que les élections se jouent dans les trois mois qui précédent les élections, on comprend mieux ces scores…

Il en sera de même, bien sûr, pour Marine Le Pen, challenger indispensable à la réussite du coup d’État. Elle est créditée de 25% des intentions de vote. Normal.

En cherchant un peu on constate que plus de 80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Autant vous dire que, celui là, il connaît la musique.

Dans un article de l’inénarrable  « Décodeur » du quotidien le « Monde », soutien inconditionnel de Macron, des journalistes dénoncent les accusations qui sont portées à l’encontre de Macron quant à sa proximité avec les instituts de sondage. Selon eux, les informations publiées sur le sujet sont fausses, erronées ou ne sont plus d’actualité. C’est possible, mais la majorité des instituts de sondage appartient à des milieux financiers  (fonds d’investissement, grandes entreprises, publicitaires etc…) dont est issu Macron et dont la proximité politique, elle,  ne fait pas de doute.

4) Le contexte international

L’important, pour s’assurer de la réussite d’une prise de pouvoir c’est de ne pas froisser ses alliés. En tous les cas, il faut leur donner des gages de non agression. Dans le cas contraire les auteurs s’exposent à une déstabilisation. Il faut donc que les planètes soient alignées. Pour Macron, ses parrains ont rassuré tout le monde. Le candidat reste bien dans l’orbite assignée : atlantiste et européiste, deux points d’un équilibre indispensable.

5) La régularisation du coup d’État

Enfin, il s’agira de valider la démarche par les élections. Ce sera relativement simple. Si le scénario arrive à son terme, Marine Le Pen sera en face d’Emmanuel Macron. Les commanditaires joueront sur la fibre républicaine et rafleront la mise.

CONCLUSION PROVISOIRE

En analysant chaque phase, nous pouvons dire maintenant, sans l’ombre d’une hésitation, si l’on s’appuie sur les  paramètres donnés par les experts, qu’il s’agit bien d’un coup d’État, ou pour l’heure, d’une tentative de Coup d’État…Dans l’intérêt de nos concitoyens et celui de notre pays, il vaut mieux qu’elle n’arrive pas à son terme…

Il est essentiel de laisser la parole à Hervé Kempf, le rédacteur en chef de Reporterre  qui est l’auteur d’un ouvrage remarquable sur l’oligarchie et qui connaît donc bien le sujet.

« Les conditions d’un bon exercice de la démocratie sont largement altérées. La délibération libre est viciée par le fait que les médias sont massivement contrôlés par l’oligarchie. Le choix majoritaire est tronqué par le poids des lobbies voire, parfois, par le déni pur et simple du choix populaire, comme lors du référendum de 2005 sur l’Europe. Mais aujourd’hui, le capitalisme ne considère plus la démocratie comme indispensable à son existence, il la rejette même de plus en plus nettement puisqu’elle conduit logiquement à la remise en cause des pouvoirs en place.

Le respect des droits de l’homme et des libertés publiques est bafoué au nom des politiques anti migratoires. Le pouvoir politique est subordonné aux puissances financières.

En fait, les classes dirigeantes nous font entrer dans un régime oligarchique, où un groupe de personnes contrôlant les pouvoirs politique, économique et médiatique, délibèrent entre eux puis imposent leurs choix à la société.

Or l’oligarchie actuelle cherche avant tout à maintenir sa position privilégiée. A cette fin, elle maintient obstinément le système de valeurs organisé autour de la croissance matérielle et de la surconsommation – un système qui accélère notre entrée dans la crise écologique. »

L’heure du choix de société a sonné…

Référence :

  • « L’opinion publique n’existe pas », Pierre Bourdieu, Les Temps modernes, n°318, 1973
  • « Faire l’opinion. Le nouveau jeu politique »Patrick Champagne, Paris, Minuit, coll. « Le sens commun », 1990
  • L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, Hervé Kempf Seuil, Paris, 2011,
  • Edward Luttwak Le Coup d’État : manuel pratique, Paris, Éd. Robert Laffont, 1969
  • Louis Calaferte Droit de Cité, Paris, Ed. Gallimard 1999

 

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21 avril 2017

POUR 2020, " LES GBAGBO OU RIEN" PRÊTS À DISCUTER AVEC LE POUVOIR

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L’année 2020, synonyme de la fin du deuxième et dernier mandat d’Alassane Ouattara, approche à grands pas. L’opposition dite « Gbagbo ou rien » a enfin décidé de s’inscrire dans le jeu politique en lançant sa nouvelle plateforme « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté ».

 

Les « Gbagbo ou rien » se réorganisent pour reconquérir le pouvoir

 

La reconquête du pouvoir est la nouvelle ligne de conduite que se sont donnée les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo. Ainsi, sous l’impulsion du « gardien du temple » Aboudrahamane Sangaré, les  « Gbagbo ou rien » se sont retrouvés, ce jeudi dans un grand hôtel d’Abidjan, pour réorienter leur lutte. À cet effet, l’ex-secrétaire d’État ivoirien, Georges Armand Ouégnin qui présidait la cérémonie a lancé de façon péremptoire : « Désormais, il faudra compter avec  » Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) » sur l’échiquier politique. » Cette plateforme compte lutter pour la libération « des prisonniers politiques », dont Laurent et Simone Gbagbo, ainsi que Charles Blé Goudé.

 

 

Aussi, pour donner une consistance à leur organisation, ces opposants très proches de l’ex-président se disent ouverts au dialogue. Pour ce faire, le frère de l’ex-directeur du protocole d’Houphouët-Boigny se veut très pragmatique : « Nous sommes ouverts au dialogue, nous ne voulons pas maintenir cet état de belligérance. » Avant d’ajouter : « La porte est ouverte à tous ceux qui se reconnaissent de Laurent Gbagbo. » Cependant, cette porte semble hermétiquement fermée à Pascal Affi N’Guessan qui dirige une autre branche du Front populaire ivoirien (FPI). Ce dernier s’était présenté à la présidentielle de 2015 (9,29%) et aux législatives où il a été élu député.

 

 

L’ancien membre du gouvernement Aké N’Gbo a par ailleurs été porté à la tête de cette nouvelle coalition de l’opposition. Ses camarades et lui entendent donc se présenter aux prochaines élections, à condition qu’elles soient « transparentes ». Pour galvaniser les militants et sympathisants qui ont fait nombreux le déplacement, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, ex-gouverneur de la BCEAO a déclaré : « Nous sortirons vainqueurs de cette épreuve. Ce n’est pas seulement une conviction, c’est une certitude ». Telles sont les phrases qu’il dit tirer d’une lettre adressée par leur mentor Laurent Gbagbo.

 

 

Des critiques contre les Gbagbo ou rien

 

 

Certains observateurs critiquent toutefois ce changement de stratégie de Monsieur Sangaré et ses compagnons. Car jusque-là, ces derniers s’étaient inscrits dans une logique de boycott tous azimuts. Pourquoi donc rejeter l’ex-Premier ministre de Gbagbo si tel est qu’il avait opté, beaucoup plus tôt, pour cette voie pacifiste ? M. Affi N’Guessan n’a-t-il pas eu tort d’avoir vite eu raison ? La reconquête du pouvoir ne nécessite-t-elle pas de s’unir afin d’être beaucoup plus fort ? Quelles données ont-elles changées pour que ces opposants reviennent maintenant dans le jeu politique ? Qui pourrait être leur candidat à la prochaine présidentielle au cas où ils s’engageaient à en présenter un ?

 

 

En attendant de répondre à toutes ces interrogations qui taraudent les esprits, Aboudrahamane Sangaré, Armand Ouégnin, Danielle Boni Claverie, Odette Lorougnon et leurs autres camarades s’activent pour investir le terrain. À trois ans de la prochaine présidentielle, ils entendent rallier le maximum d’Ivoiriens à leur cause.

 

 

De même, le PDCI, le RDR et les autres formations politiques ne sont pas en reste à cette réorganisation. Chaque état-major est en train de faire sa mue afin d’aborder 2020 avec plus d’optimisme. Seulement, les plus persévérants et ceux qui ont le plus d’arguments convaincants pourront prospérer dans la démocratie. À moins que d’autres leaders politiques ne soient animés par des desseins inavoués.

 

Vous voulez joindre la rédaction de AFRIQUE-SUR7.FR, envoyez-nous un message à l’adresse : INFOS@AFRIQUE-SUR7.FR. Nous reprendrons contact avec vous si besoin

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Obama et Macron au téléphone pour parler de l'«importante élection»

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Le porte-parole d'En Marche ! a tenu à préciser jeudi soir que l'objet de cet appel n'était pas d'apporter un soutien à Emmanuel Macron. 

Quelques minutes avant que le Parisien ne révèle le ralliement de l'ancien Premier ministre de droite Dominique de Villepin à Emmanuel Macron, En Marche ! communiquait jeudi soir sur un autre très gros coup : un échange téléphonique avec l'ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, très discret depuis son départ de la Maison Blanche. Un extrait d'une minute a été dévoilé sur les réseaux sociaux. Le début de l'appel et sa fin.

 

Pas de soutien officiel, souligne le porte-parole de l'ancien chef des Etats-Unis, Kevin Lewis, mais une discussion pour évoquer «l'importante élection présidentielle à venir en France» et plus précisément «l'avenir de l'Europe» et «les valeurs progressistes auxquelles ils sont tous deux très attachés». «Je vous souhaite le meilleur en cette fin de campagne», lui a tout de même lancé l'ancien président. Le candidat de 39 ans a «chaleureusement remercié Barack Obama pour son appel amical», avec lequel il affirme être en contact depuis plusieurs semaines. Avant d'ajouter «voir comment travailler ensemble si je suis élu», sans qu'on en sache davantage sur les modalités de cette collaboration. 

Suivre le lien : https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/855129811144118274/video/1

 

«Je trouvais que c'était très bien de pouvoir lui parler, nos équipes étaient en contact . Nous étions tous les deux disponibles, nous en avons profité», a confié vendredi matin sur RTL Emmanuel Macron. II a partagé son souci de l'Europe, et dans le contexte de cette campagne, il lui paraissait naturel qu'on ait cet échange». A signaler, comme le montre la vidéo, que c'est le Français qui est l'origine de ces soixante seconde de dialogue. Un entretien auquel n'est sans doute pas étrangère l'une de ses porte-parole, Laurence Haïm, qui a couvert pour Canal + les deux mandats du démocrate à Washington (2008-2014). Elle est la seule journaliste française à avoir décroché une interview exclusive de l'Américain.

 

 

 

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